Politique

« De l’air, de l’air, ouvrons les frontières ! »

Près de 3000 personnes dans la rue à Paris en solidarité avec les réfugiés !

Publié le 27 novembre 2016

Un mois après le début de « l’opération humanitaire » du gouvernement à Calais, et après une accélération de la répression contre les camps de réfugiés, notamment à Paris, une manifestation était organisée en solidarité avec les migrants. Celle-ci a rassemblé un monde considérable si l’on considère le climat réactionnaire qui règne, et est un véritable pied de nez au gouvernement qui continue ses rafles et ses déportations avec le soutien complice de l’extrême droite.

Correspondants

Nous étions près de 3000 à manifester au départ de la place Stalingrad, en direction de Saint Augustin. La manifestation, appelée par un collectif unitaire d’organisations de gauche et d’extrême gauche, a réussi à amener de très nombreuses personnes révoltées de la politique gouvernementale en termes d’immigration. Ensemble, Lutte Ouvrière, la CNT, le Collectif XXème solidaire avec les migrants, l’Intercollectif de soutien aux migrants et le NPA Jeunes avaient organisé des cortèges en propre : il s’agissait bien de montrer que nombre de militants sont déterminés à lutter, avec leurs différents partis et collectifs, contre la politique hypocrite de ceux qui se revendiquent comme les « défenseurs des droits de l’homme ». Par ailleurs, de très nombreuses autres organisations étaient représentées, ce qui montre bien que la question préoccupe largement.

La manifestation, très dynamique, a reçu un très bon accueil dans la rue, notamment entre Stalingrad et Barbès, le trajet se déroulant dans un des quartiers les plus populaires de Paris : beaucoup de passants se sont arrêtés pour applaudir et remercier les manifestants et leurs messages. « De l’air, de l’air, ouvrons les frontières », « Pierre par pierre, et mur par mur, nous détruirons les centres de rétention ! », « Qu’elles soient de droite, ou socialistes, abrogation de toutes les lois racistes » ont pu entonner les manifestants, signifiant par là leur soutien inconditionnel à celles et ceux qui doivent subir la répression d’Etat dirigée par le gouvernement, violence que beaucoup cherchaient pourtant à fuir en quittant des pays en guerre. En effet, très nombreux sont les réfugiés qui ont fui l’Erythrée, l’Afghanistan, la Syrie, la Lybie pour tenter de trouver des conditions de vie plus humaines, et ce souvent au terme d’un voyage particulièrement dangereux.

Le cortège du NPA Jeunes a aussi particulièrement insisté sur la responsabilité de la France et plus largement des grands pays impérialistes dans cette situation dramatique : « ils pillent les ressources et ferment les frontières, déclenchent des guerres et la misère, capitalisme : assassin ! Impérialisme : assassin ! Bolloré : assassin ! » ou encore « les frontières, c’est l’arme des patrons, liberté de circulation et d’installation ». En effet, nombre de pays en guerre ont été ravagés par des guerres déclenchées par les pays impérialistes, comme la France ou les Etats-Unis, que ce soit en Afrique, ou au Moyen-Orient. « Au sud ils bombardent, au nord ils expulsent : de cette société là, on n’en veut pas ! » résume en effet bien la volonté de beaucoup dans ce cortège, qui ont par ailleurs mis en exergue la responsabilité du système capitaliste dans cette situation dramatique : « c’est pas les immigrés, qu’il faut virer, c’est les patrons, qui veulent nous licencier », proposant, un petit sourire aux lèvres : « Hollande, Juppé et Filllon, on va vous envoyer en centre de détention ! ».

.
Voir aussi le photoreportage de Serge d’Ignazio.