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Fonds vautours

Près de 800 employés licenciés chez Mim, le vendeur de vêtements

Pendant qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen tentaient de racheter l’électorat populaire en visitant l’usine d’Amiens de Whirlpool, un autre licenciement massif avait lieu : chez Mim, le vendeur de vêtement mis en liquidation, ce sont 792 employés qui sont sur le carreau.

80% des effectifs mis sur le carreau

Les employés de la chaine de prêt à porter Mim se sont retrouvés, pratiquement du jour au lendemain sans emploi : le 26 avril, le tribunal de commerce de Bobigny (93) a prononcé sa liquidation judiciaire. Pourquoi cette liquidation ? Le tribunal a justifié sa décision en disant que « la société Mim a continué à générer un niveau de pertes très important, incompatible avec toute perspective de rétablissement d’une profitabilité ». Le redressement judiciaire, lancé en novembre 2016, aura donc abouti en six mois à une liquidation partielle mettant sur le carreau 800 employés en CDI sur les 1078 employés de la boite. En effet, une partie de l’entreprise a été rachetée par un consortium aux mains d’Etam et de Tally Weijl, qui ont repris 287 employés (sur 1078) et 71 magasins (sur 233). Le reste, tout simplement, part chez Pôle Emploi, avec comme seule indemnité de licenciement 3600 € pour l’instant, à peine deux ou trois mois de salaire. Deux offres de reprise permettaient de garder beaucoup plus de salariés mais ont été refusées : la première, de la Compagnie Clémenty, ne prévoyait de licencier « que » 65 employés mais a été refusée par le tribunal de commerce pour des raisons de viabilité ; la seconde, celle d’une SCOP, proposée par deux dirigeants de l’entreprise, aurait permis de garder 500 employés sur les 791 mais a été aussi refusée par le tribunal de commerce.

Ces licenciements ont lieu dans le plus grand silence, d’autant plus que, dans le contexte de l’entre deux tours, les candidats Macron et Le Pen étaient allés s’adresser aux employés de Whirlpool, eux aussi menacés de perdre leur emploi. Cependant, à la différence de ces derniers, les travailleurs de Mim ont le très fort désavantage d’être particulièrement éclatés (entre 4 et 5 employés par point de vente) dans de très nombreuses boutiques sans beaucoup de liens entre eux. Cette casse de l’emploi rappelle le cas de Vivarte, où ce sont des milliers d’employés qui sont menacés de licenciement par les fonds vautours.

En effet, dans le dossier Mim, il apparaît que de nombreuses décisions ont abouti à détruire l’entreprise petit à petit pour enrichir certains propriétaires : auparavant détenue par le groupe New-look, l’entreprise est vendue en 2014 au Hong-Kongais Main Asia. L’entreprise utilise Mim pour déverser ses produits, 25% plus chers que le marché : « le vrai problème, c’était la gestion de Main Asia, qui a laissé le monopole à un fournisseur unique. Mim achetait son stock 25 % plus cher que le prix du marché » a ainsi expliqué Éric Scherrer, président du syndicat Seci-Unsa au Monde. Des rachats qui ont, au final, coulé l’entreprise.

Face à ces licenciements massifs, chez Mim comme chez Whirlpool, il semble que seule la détermination des employés puisse changer leur sort : la grève, l’occupation des locaux, ou tout action collective qui empêcherait la mise en place de plans de licenciement. Ce sont les seuls moyens d’empêcher cet aller simple vers Pôle Emploi. Accepter 3600 euros en échange d’un CDI n’est pas un moyen de lutter contre les licenciements, et il est inacceptable qu’ici, une fois encore, ce soient les employés qui paient les pots cassés de leurs actionnaires.




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