^

Politique

12 millions de français mal-inscrits ou non-inscrits

Présidentielles. Plusieurs milliers de personnes radiées des listes électorales

Le système « démocratique » français ce sont des élections présidentielles où seuls les partis institutionnels sont assurés d’obtenir les parrainages, où un candidat poursuivi par la justice peut se présenter mais aussi où environ 12 millions de personnes sont non-inscrits sur les listes électorales, sans compter tous ceux qui sont privés du droit de vote par le droit français ou encore « mal-inscrits ». Au lendemain du premier tour, les « mal inscrits » dans de nombreuses communes font parler d’eux. En effet, ce sont plusieurs milliers de personnes qui ont été radiées des listes et n’ont pas pu mettre leur bulletin dans l’urne ce 23 avril.

Radiées des listes électorales et menacées de ne pas pouvoir voter. C’est ce qui est arrivé à plusieurs milliers de personnes en France lors de ces élections présidentielles. Strasbourg, Asnières, Clichy, le Havre… Autant de villes et de communes dans lesquelles de nombreux habitants ont découvert par courrier ou le jour même du premier tour, dimanche 23 avril, qu’ils n’étaient pas inscrits sur les listes électorales : 500 à Queue-en-Brie, 5 000 au Havre, une centaine à Asnières et… 15 000 à Strasbourg !

A Strasbourg, la mairie a déclaré dimanche soir que 15 000 personnes (sur 270 000 habitants) ont été radiées des listes électorales lors de la traditionnelle mise à jour des fichiers qui a eu lieu chaque année. Des radiations que certains électeurs ont découvert une fois arrivés devant l’urne, les autres ayant normalement reçu un courrier à la maison (souvent renvoyé à la mairie quand ils ne résident plus à l’adresse...). La raison de ces radiations ? Elles seraient liées, dans la majorité des cas, à des changements d’adresse non signalés. Pourtant, à la lecture des nombreux témoignages, ces radiations s’apparentent plutôt à un ensemble d’erreurs administratives, de radiations arbitraires empêchant des habitants souvent résidents de longue date de voter. Pour exemple, à Queue-en-Brie, une sexagénaire radiée des listes explique qu’elle a en réalité déménagé il y a…sept ans et dans la même commune !

Nombreux sont ces cas de personnes qui ont oublié de donner leur nouvelle adresse souvent suite à des déménagements, pour certains remontant à plus de dix ans. Des radiations perçues comme « incompréhensibles » et « injustes » pour les habitants qui, pour beaucoup, ont pu voter sans problème aux dernières élections.

Comment expliquer ces situations où une part non négligeable de la population se retrouve radiée ou « mal inscrite » et dans l’impossibilité de pouvoir voter ? La France est l’un des rares pays où la réinscription suite à un déménagement ne se fait pas automatiquement. Ainsi, la plupart des personnes, et majoritairement les jeunes, ne pensent pas à se réinscrire (voir ne savent pas comment). Alors nombreux sont ceux qui ne vont pas voter, qui ne font pas les démarches ou encore nombreuses sont les procurations qui n’arrivent pas à temps.
Encore mieux ceux qui ont été radiés des listes ont la possibilité de contester la décision auprès du tribunal de grande instance le jour même de l’élection et ainsi de récupérer leur vote. Mais pour cela faut-il déjà faire la démarche. De plus, cela n’aboutit que dans certains cas : s’il s’agit d’un oubli, d’une erreur matérielle, ou encore d’une personne radiée suite à une homonymie. Pour les autres, cela veut dire qu’ils ne pourront voter ni aux présidentielles, ni aux législatives (si leur demande n’aboutit pas).

Encore une nouvelle facette du système « démocratique » français dont les lois et l’administration excluent de fait des millions de personnes, privées de voix. Une preuve de plus que celui ou celle qui accédera à la fonction présidentielle et composera un gouvernement ne sera pas le « candidat » ou la « candidate » du peuple qu’il ou elle ne représente pas, et dont une part non négligeable est réduite au silence.




Mots-clés

Présidentielles 2017   /    Politique