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Présidentielles. Trucage des primaires, emplois fictifs, financements occultes : ce système est pourri, renversons-le

Score du premier tour des primaires du PS gonflé, révélation sur l’emploi fictif de la femme de Fillon, financement occulte de la campagne de Macron sur les fonds publics : les scandales s’accumulent ces derniers jours dans la course aux élections présidentielles. Avec une conclusion inéluctable : ce système politique est pourri, jusqu’à la moelle. Mais par quoi le remplacer ?

L’histoire de la Vème République et de ses hommes politiques dominants est tellement entachée de scandales à répétition que ceux-ci en viennent à faire partie intégrante de l’ADN de ce système politique. Emplois fictifs, détournement d’argent public, trucages électoraux : on finirait presque par se lasser. D’autant plus que les auteurs de ces faits reviennent bien souvent sur le devant de la scène après quelques années au placard. Mais, lors de ces élections présidentielles, force est de constater que l’on assiste à un spectacle encore plus affligeant. Les deux principaux partis de la Vème République sont concernés, avec la participation gonflée des primaires du PS et ce qu’on appelle désormais le « PénélopeGate ».

Mais du côté des « antisystèmes » qui cherchent habituellement à capitaliser sur ces scandales et la crise de ce système politique, c’est la même chose. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on fait profil bas. Du côté de Macron d’abord, on préfère ne pas faire de commentaires. Pas son style, il parait. Mais c’est surtout parce qu’il est lui-même empêtré dans un scandale et qu’il préfère se faire oublier. En cause, deux journalistes qui l’accusent, dans un livre à paraître et chiffres à l’appui, d’avoir siphonné le budget de son ministère de l’économie pour financer son mouvement, En Marche. Et du côté Le Pen, on ne fait pas beaucoup mieux. Il faut dire que le FN, qui avait fait depuis des années des scandales des hommes politiques l’un de ses principaux fonds de commerce, est maintenant à son tour bien rentré dans le « système » : guerre des chefs en interne, multiplication des affaires judiciaires et financières.

Alors, « tous pourris » ? Sans aucun doute. Mais ce ne sont pas seulement les têtes, c’est l’ensemble de ce système qui est pourri et qui constitue en lui-même un scandale. C’est à lui qu’il faut s’attaquer, pas pour l’amender à la marge, mais pour le renverser complètement. Ce monde de politiciens professionnels, grassement payés pour peu (voire rien) faire, sans compter les petits avantages en nature : comment ne pas être tentés de faire un peu plus quand tout leur est déjà permis ? A ce titre, il ne faut pas oublier que dans le scandale Fillon, si c’est l’emploi fictif de sa femme qui est mis en cause, le premier scandale, c’est bien celui d’avoir un budget, en plus de son salaire mirobolant, pour financer des « assistants » comme on veut, sans contrôle et sans justification. La suppression du Sénat, la proportionnelle intégrale, des députés révocables et pas mieux payés qu’un ouvrier du rang, la fin des privilèges : voilà quelques propositions qui changeraient assurément la marche des choses.

Et s’il y a bien un archétype de ce système anti-démocratique par excellence, c’est assurément celui des élections présidentielles. Par son but d’abord : l’élection d’un président, élu pour 5 ans, qui a tout pouvoir pour remettre en cause ses « promesses » de campagne, y compris contre l’avis de la majorité parlementaire. Hollande et son premier ministre Manuel Valls nous ont montré, que dans cette République, on peut très bien s’autoproclamer « l’ennemi de la finance » et imposer une loi de casse du code du travail à l’aide de trois 49.3. Mais aussi parce que tout est fait pour empêcher l’expression des voix discordantes, comme celle du seul ouvrier, anticapitaliste et révolutionnaire, qui avait obtenu 411 160 voix en 2012, et qui pourrait bien ne pas se présenter faute de signatures : Philippe Poutou. Face à cela, il faut supprimer la fonction présidentielle et donner le pouvoir au Parlement.

Il faut dire que le candidat du NPA, bien déterminé à empêcher le cirque électoral de se dérouler comme ils l’espéraient, dérange les candidats dominants. Avec un discours à contre-courant : Poutou, ce n’est pas un sauveur suprême, il ne vient pas faire des promesses électorales, il ne pense pas qu’il suffit de réformer ce système, d’ajouter un nouveau chiffre à cette Vème République qui vient à la suite de quatre autres toutes aussi anti-démocratiques. Au contraire, la voie que montre Poutou, le seul ouvrier de ces présidentielles, c’est que face à ces hommes politiques dominants, au service des patrons et des riches, du système capitaliste, il va falloir s’organiser, nous représenter et prendre le pouvoir par nous-mêmes.




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