Genres et Sexualités

Plus déterminé-e-s que jamais à combattre

Pride 2016. Le gouvernement marche sur nos fiertés

Publié le 27 juin 2016

La marche des fiertés a lieu tous les ans le dernier samedi du mois de juin, en mémoire de la révolte de Stonewall de 1969. Pourtant, au mois de février 2016, la préfecture a fait savoir que la marche ne pourrait pas avoir lieu à sa date habituelle principalement pour deux raisons : la prolongation de l’état d’urgence et l’euro 2016… Maintenant elle veut imposer une marche qui tourne presque en rond.

Camille Münzer

La marche des fiertés a une importance politique particulière pour les revendications et la visibilité des personnes LGBTI dans le monde entier. A l’origine de celle-ci se trouve l’émeute de Stonewall de 1969, qui a été l’étincelle déclanchant le mouvement pour l’émancipation des personnes LGBTI. Pourtant, comme pour les manifestations contre la loi travail et son monde, le gouvernement veut imposer un parcours humiliant pour la marche des fiertés cette année, alors que le mot d’ordre veut mettre en avant les droits des personnes trans qui sont déjà particulièrement invisibilisées : « Les droits des personnes trans sont une urgence. Stérilisations forcées, Agressions, Précarité : Stop ! »

Contrairement aux 4,6km de marche habituels, avec des dizaines de chars et de camions d’associations de défense de nos droits, la préfecture veut imposer une marche qui tourne presque en rond. Le parcours final, accepté par l’Inter-LGBT ne fait que 2km et se déroulera sur les quais de Seine. 

L’inter-LGBT a produit un communiqué se satisfaisant d’une marche au rabais, alors qu’il est hors de question que, sous prétexte d’état d’urgence et - pire encore - le juteux business de l’euro 2016, on raccourcisse nos fiertés ! De plus, seules les élections de 2017 sont présentées comme perspective pour les personnes LGBTI, alors qu’on sait d’ores et déjà que quelque soit le vainqueur, nous avons déjà perdu.
Dans un ton plus ferme, la Fédération-LGBT, qui regroupe principalement les Centres LGBT de région, a pointé l’attitude clairement homophobe du gouvernement dans un communiqué et les reculs de celui-ci sur la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et les droits des personnes trans, notamment le changement d’état civil libre et gratuit. 

Raccourcir la marche des fiertés seulement trois semaines après l’attentat homophobe de Orlando n’est que l’ultime provocation du gouvernement Hollande-Valls. Malgré les attentats dont sont victimes les personnes LGBTI et la mentalité policière d’un Manuel Valls en perte de légitimité, nous serons en masse à la marche des fiertés, toujours aussi déterminé-e-s à combattre l’état d’urgence, la loi travail et les LGBTI-phobies.