Politique

Faites vos jeux…

Primaires à droite. C’est officiel, les possédants ont sept larbins !

Publié le 21 septembre 2016

La Haute autorité de la Primaire l’a officialisé aujourd’hui. Ils seront sept à concourir pour être le candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle : Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy. Pour faire son choix, rien de mieux que de commencer par s’intéresser au programme économique des candidats. Qui ont, soit dit au passage, un point commun : faire les poches aux travailleurs pour le reverser servilement aux possédants.

Romain Lamel

Ils rivalisent d’idées pour ôter aux travailleurs les droits, durement conquis au fil des luttes précédentes, qui leur restent. Première cible, le secteur public. Sarkozy l’avait annoncé haut et fort dans son livre de rentrée, Tout pour la France, et tous lui emboîtent le pas. Tous proposent des centaines de milliers de suppressions d’emplois dans le secteur public (250 000 pour Juppé ; 300 000 pour Sarkozy, 375 0000 pour Copé ; 500 000 pour Le Maire et Fillon). Alors que notre pays connaît un chômage de masse, que l’école publique, l’hôpital public, l’université publique subissent tous de grandes difficultés de fonctionnement, supprimer des centaines de milliers de postes de travail est sans aucun doute l’idée la plus pertinente pour aggraver la situation. Pour assurer le service public avec moins de travailleurs, les candidats à la primaire ont une autre proposition lumineuse : dégrader les conditions de travail de ceux qui y bossent. Alors que la précarité se développe de plus en plus dans le secteur public, NKM, Le Maire, Poisson et Sarkozy veulent tous mettre fin au statut de la fonction publique pour des contrats plus courts, alignés sur ceux du privé, supprimant ainsi la stabilité de l’emploi. Précariser les travailleurs du secteur public ne leur suffit pas, ils veulent forcer ceux qui gardent un contrat stable à bosser davantage sans être payés davantage, passer de 35 à 37 heures par semaine pour Sarkozy, à 39 heures pour Copé, Fillon et Juppé.

Les travailleurs du secteur privé sont tout autant menacés par ces politiciens aux idées courtes. Leurs propositions sont l’équivalent de la loi travail puissance 10. Copé, Fillon, Juppé, NKM, Le Maire, Sarkozy, tous convergent pour supprimer carrément la durée du temps de travail et la laisser à la négociation entreprise par entreprise. L’esprit de la loi El Khomri poussé à l’extrême. Juppé propose de fixer la durée hebdomadaire de travail à 39 h, quant à Fillon, il souhaite laisser cet aspect à la négociation avec une limite de 48 h par semaine, soit le maximum voté en 1919 !!!! C’est ce qu’il annonçait, déjà, en septembre 2015, dans son (mauvais) opus, Faire. Choisir les candidats LR, c’est l’assurance de revenir 97 ans en arrière ! Copé et Fillon veulent supprimer un jour férié ; Fillon, Le Maire et Sarkozy veulent faciliter le licenciement avec pour seul motif, la « réorganisation » de l’entreprise ; Copé, Fillon, Juppé, NKM, Le Maire et Sarkozy veulent diminuer les allocations chômage. Ils menacent également de reculer l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans pour Sarkozy, à 65 ans pour Copé, Fillon, Juppé, NKM et Le Maire.

Tous ces efforts pour rançonner les travailleurs du public, comme du privé, n’ont qu’un seul objectif : donner quelques milliards d’euros supplémentaires aux possédants, à ceux qui ont déjà tout et qui voudraient quand même avoir plus. Ainsi, Copé, Fillon, Juppé, Le Maire et Sarkozy s’accordent sur la suppression de l’ISF, payé par ceux possédant plus d’1,3 million d’euros. NKM propose seulement de le réformer afin de le vider de sa substance. Cet impôt a pourtant rapporté 5,2 milliards d’euros cette année. Sarkozy a l’arrogance d’assortir cette mesure d’une baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu, un des rares impôts qui frappe davantage les riches que les pauvres dans la fiscalité française. Pour que les possédants puissent bénéficier de ces cadeaux fiscaux, les salariés du secteur public comme du secteur privé, vont devoir travailler davantage avec des services publics de moindre qualité.

Ces mesures sont autant de déclarations de guerre contre les classes populaires. Les sept candidats sont tous d’accord pour être forts avec les plus modestes et serviles avec les puissants. Les possédants ont d’autres larbins au PS ou au FN, ceux de la primaire de la droite et du centre ont la particularité d’être les favoris de la prochaine élection présidentielle, même si Hollande a les faveurs de l’ancienne cheffe du Medef, Laurence Parisot. Le vainqueur de cette primaire a de grandes chances d’être le futur chef de l’État. Á nous de nous préparer pour combattre ces attaques à venir !