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Prime de 3000 euros aux enseignants de REP+ : une embrouille qui se mérite !

Prime de 3000 euros pour les enseignants en REP+ (Réseaux d'éducation prioritaire renforcés). C'était une des promesses de campagne de Macron. Retardée déjà d'un an, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé les modalités de sa mise en application à la rentrée 2018-2019. Si une partie de la prime de 3 000 euros sera bien versée au cours de l’année 2018-2019, le reste pourrait bien n'être attribué qu'aux plus « méritants ».

photo : © AFP Mychele Daniau

Dans un communiqué daté du 2 juillet, Blanquer a annoncé la mise en place progressive de la promesse faite aux enseignants par Macron lors de sa campagne présidentielle de valoriser « les équipes éducatives intervenant en réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+) » et d’accorder une prime de 3000 euros aux enseignants de l’éducation prioritaire. Ainsi, 1000 euros seront versés aux enseignants sous forme de prime dès la prochaine rentrée scolaire.
Le communiqué précise que la « revalorisation se poursuivra en 2019-2020 » mais sous certaines conditions. Cette part serait variable en fonction de « l’investissement collectif des équipes » et « la possibilité d’un adossement d’une partie de cette indemnité aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement qui y contribue ». Il s’agit tout simplement d’introduire par le biais de la prime, une rémunération au mérite des enseignants.
Les modalités d’attribution de cette part variable restent floues. Les syndicats s’interrogent. Comment seront évalués les enseignants pour savoir s’ils « méritent » la prime ? Dans un communiqué, le SNU-ipp (syndicat majoritaire des enseignants du premier degrés) s’inquiète d’un dangereux précédent. « On est en droit de s’interroger sur les critères "objectifs" qui présideraient à l’attribution de cette part variable de la prime à tel enseignant, telle équipe d’école et pas à telle autre. Doigt mouillé ou pilotage par les résultats ? Quoi qu’il en soit, et décidément bon élève du gouvernement, le locataire de la rue de Grenelle envisage donc et sans attendre, de mettre en musique ’’la remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel » annoncée mi-juin par Matignon dans le cadre de la réforme de la fonction publique. ’’ »
Par ailleurs, en raison du coût important de cette mesure alors que le gouvernement n’envisage pas d’augmenter le budget de l’Education nationale, il est fort à parier que la carte des établissements d’éducation prioritaire sera encore redéfinie à la baisse pour faire des économies dans l’éducation, sur le dos des classes populaires. En effet, comme le financement de l’éducation prioritaire se fait à moyens constants, on déshabille Paul pour habiller Jacques.

Vraies attaques et fausses promesses !
Ce sont quelque 41.000 professeurs (écoles et collèges), 900 chefs d’établissement et directeurs d’écoles et 3.800 personnels administratifs, techniques ou médicaux qui travaillent dans les établissements en REP+ qui devraient toucher 1000 euros à la rentrée. Mais l’ensemble du personnel travaillant dans les mêmes conditions doit avoir cette prime. Or, dans l’actuelle mesure, les AED, Assistants pédagogiques ou encore AVS (assistants de vie scolaire) en sont exclus. Or tous les personnels méritent une valorisation du travail effectué en éducation prioritaire.
Dans le même temps, le gouvernement a commencé à déployer toute une série d’attaques contre la Fonction publique : gel du point d’indice, diminution du pouvoir d’achat, rétablissement de la journée de carence, suppression de 120 000 emplois dans la fonction publique, « simple compensation » de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) envisagée pour les fonctionnaires. Tout un programme qui s’éloigne fortement des fausses promesses de campagne.
Les enseignants eux réclament une vraie revalorisation salariale qui entre dans le calcul de la retraite. Dans l’éducation prioritaire où les conditions d’enseignements et d’études se dégradent, de nombreuses grèves et mobilisations cette année exigeaient des moyens pour l’éducation. A l’heure des coupes budgétaires, les établissements d’éducation prioritaire n’ont pas fini de se mobiliser à la rentrée prochaine, prime ou pas prime.




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