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Politique

Au service du patronat

Privatisation. Avec Macron, tout doit disparaitre !

Sans surprise, le récemment élu Emmanuel Macron aurait prévu de s’attaquer aux entreprises qui sont aujourd’hui sous contrôle de l’État.

Emmanuel Macron, qui a été boosté et soutenu par le Medef durant toute sa campagne, a les yeux rivés vers ce qu’il pourrait vendre une fois aux commandes de l’État. Les informations commencent déjà à fuiter sur ce que l’ex-banquier, qui a une solide expérience dans la revente des entreprises publiques, s’apprête à solder.

Macron n’en est pas à son coup d’essai

Dans une certaine logique libérale de rentabilisation, de privatisation ou d’ouverture au capital, Macron, qui fait sa formation chez Rotschild puis a été ministre de l’Économie, a d’ores et déjà eu l’occasion de se pencher sur les participations de l’État dans certaines entreprises. Aujourd’hui président, il a les mains libres pour accomplir ce que ses amis, qui l’ont fièrement accompagné pendant la campagne, attendent de lui : à savoir leur offrir de nouveaux terrains d’exploitations et de profits.

De nombreux secteurs sont déjà en ligne de mire : le domaine de l’énergie, les aéroports, les chantiers navals, la Française des Jeux ou encore les entreprises de télécommunication. Avec à la clé, pour les travailleurs, des licenciements, des augmentations de cadence, de la compétitivité et la destruction des acquis sociaux.
Lorsqu’il était ministre, Macron avait déjà privatisé les aéroports de Toulouse, de Lyon et de Nice pour 2 milliards d’euros, et vendu les 14 % de participation de l’État dans Peugeot à la Banque publique d’investissement (Bpifrance) pour près de 2 milliards. Il avait également vendu pour 2 milliards d’euros d’actions Safran et s’était allégé vis-à-vis d’Engie et d’Orange. Il avait validé les investissements de 7,5 milliards d’euros pour recapitaliser EDF et Areva, sans doute pour pouvoir mieux les revendre par la suite. Il avait aussi investi 1 milliard d’euros pour monter au capital de Renault.

Un programme de privatisations lourd de conséquences

Durant son quinquennat, le président engagerait la privatisation de Paris Aéroport, dont l’État détient actuellement 51 % : un projet qu’il avait déjà étudié en 2015, et qu’il avait même tenté d’introduire dans la loi Macron, car l’opération nécessite un changement d’ordre législatif.

Concernant l’énergie, Macron aurait prévu de s’attaquer à Engie, dont l’État détient aujourd’hui 29 %. Il pourrait descendre jusqu’à 20 % du capital tout en conservant ses pouvoirs actuels.

Quant aux chantiers navals, l’État contrôle 63 % du constructeur du groupe DCNS aux côtés de Thales. Le groupe DCNS, spécialisé en industrie navale militaire, est actuellement implanté dans 12 villes : Bagneux, Brest, Cherbourg, Ollioules, Lorient, Marseille, Nantes, Paris, Ruelle-sur-Trouve, Gassin et Toulon. Le patron, Hervé Guillou, entend, depuis un an, aboutir à un rapprochement avec l’Italien Fincantieri, avec qui il vient d’entrer au capital des chantiers de Saint-Nazaire. Emmanuel Macron serait favorable à cette opération, qui pourrait permettre à l’État de descendre au capital de 50 %. Bercy avait d’ailleurs étudié cette option en fin d’année dernière. Le patron de DCNS remettra le sujet sur la table dans les prochains mois.

Le nouveau président envisage également de solder la FDJ (Française des Jeux), puisque depuis une dizaine d’années Macron a les yeux tournés sur cette entreprise publique qui appartient à hauteur de 72 % à l’État. Fin 2014, lorsqu’il était ministre de l’Économie, Emmanuel Macron et son administration, l’Agence des participations de l’État (APE), avaient déjà envisagé, fin 2014, une privatisation partielle. Mais ils s’étaient heurté à un blocage de Christian Eckert, le secrétaire d’État au Budget, percepteur de taxes : la FDJ est en effet sous sa tutelle.

Autre secteur, et non des moindres, celui des télécommunications : des entreprises comme Orange, dans laquelle l’État et la Banque Publique d’Investissement détiennent ensemble 23 %. Macron pourrait vendre jusqu’à 3 % du capital sans perdre la minorité de blocage en assemblée générale.

Dès octobre prochain, Macron devrait également vendre Alstom. L’État a emprunté 20 % du capital détenu par Bouygues : lorsqu’il était à Bercy, Emmanuel Macron ne s’était pas caché de critiquer cette situation.

Bref, le quinquennat Macron va rimer avec privatisations.

Une fois ces entreprises vendues, les attaques seront terribles pour les travailleurs : licenciements, suppressions des statuts particuliers et des acquis sociaux, délocalisations découlent le plus souvent de ces rachats par le secteur privé.

Face à ce système, notre classe devra se préparer aux attaques : il sera indispensable de reprendre la rue. Pour faire face au menu néolibéral que le (futur) gouvernement Macron souhaite nous servir, il est ainsi essentiel de nous munir de notre propre programme de combat, revendiquant le partage du temps de travail entre toutes et tous, la hausse des salaires, l’interdiction des licenciements ou bien encore l’expropriation et la mise sous contrôle ouvrier des entreprises.




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