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Société

« Ce n'est pas moi qui me suis tue. C'est mon corps qui a choisi pour moi. »

Procès de Pontoise : « Je m’appelle Alice. J’avais douze ans. » - Elle.fr

Mardi 26 septembre, le tribunal de Pontoise avait estimé que Sarah, 11 ans, était consentante car « a subi sans protester ». Le parquet avait renvoyé l'accusé, un homme de 28 ans, pour « atteinte sexuelle sur mineur de moins de 15 ans », rejetant ainsi la plainte pour viol. Cette décision a suscité une vive réaction dans l’opinion publique. Suite à l’affaire, nous relayons quelques extraits d’un témoignage d’Alice, victime d'une agression à douze ans, publié sur le site Elle.fr.

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« A 11 ans, on pourrait avoir une relation consentie avec un homme de 28 ans. Mardi, le tribunal de Pontoise a en effet renvoyé l’accusé d’un tel acte pour "atteinte sexuelle sur mineur de moins de 15 ans", rejetant la plainte pour viol, en raison du fait que rien ne laissait supposer que la relation sexuelle entre l’homme et l’enfant avait été obtenue sous la "violence, contrainte, menace ou surprise". Si le procès a été renvoyé en février prochain, cette décision a suscité un vif émoi dans l’opinion. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, lui, recommande que soit retenu comme seuil en dessous duquel les mineur.e.s seront présumé.e.s ne pas avoir consenti. Un appel à changer la loi pour mieux protéger les victimes mineures de viol.

Alice, victime d’une agression à douze ans, a voulu témoigner de son expérience. "Ce n’est pas moi qui me suis tue. C’est mon corps qui a choisi pour moi." Un témoignage fort.

Je m’appelle Alice. C’est une bien drôle de manière de commencer un article. Et pourtant, c’est là tout le sens de mon propos. Je m’appelle Alice, et cela fait plusieurs jours que j’assiste, démunie, incapable, aux conversations au sujet du déjà tristement célèbre « procès de Pontoise ».

Une petite fille de 11 ans, jugée consentante à son propre viol. Les médias s’affolent. La société se morfond, crie au scandale, se rachète une conscience, à l’heure où 84 000 femmes sont encore victimes de viol chaque année dans l’insouciance générale. Jamais l’opinion publique ne m’est apparue aussi soudée, aussi unie. La justice apparaît esseulée face aux quelques 60 000 signatures de la pétition priant Nicole Belloubet d’intervenir au plus vite. Les commentaires interrogeant la tenue de la petite fille se font rares et encore plus rares sont ceux qui osent questionner sa culpabilité.

« DOUZE ANS ET LES DOIGTS D’UN INCONNU AUX CHEVEUX BLANCS DANS MA CULOTTE. »

Vingt minutes. C’est risible, dix ans plus tard. »

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Auteure : Alice Gayraud