Notre classe

Hôtels parisiens en lutte. Des licenciements sous prétexte de rénovation

Pullman-Montparnasse. Rénovation et casse sociale

Publié le 17 novembre 2016

A l’appel de la CGT, syndicat majoritaire, 150 salariéEs grévistes de l’hôtel Pullman-Montparnasse à Paris et de nombreux soutiens manifestaient mercredi 9 novembre pour dénoncer les 650 suppressions d’emplois à l’occasion de la fermeture pour rénovation.

Robert Pelletier, npa2009.org

Rassemblés devant l’hôtel, ils/elles ont vu débarquer pas moins de onze camions de CRS (!) qui se sont postés devant l’entrée de l’établissement jusqu’au départ en manifestation jusqu’au ministère du Travail où rendez-vous était pris.

La fermeture de ce « 4 étoiles » de 1000 chambres est programmée pour fin août 2017 pour trois années de travaux, avec les premiers départs de salariéEs prévus en mars 2017. Cette fermeture a été co-décidée par Unibail-Rodamco, propriétaire de l’hôtel, et le groupe Accor qui en assure la gestion. Cette fermeture entraînerait la suppression de plus de 650 emplois, CDD et sous-traitance compris !

Cette procédure est régulièrement employée dans les grands hôtels parisiens. Des travaux aux coûts faramineux, mais une économie radicale sur le dos des salariéEs qui se retrouvent parfois plusieurs années sans emploi (plus de trois ans de travaux pour le Ritz pour un devis de 140 millions d’euros... et 320 départs « volontaires » sur 460 salariéEs). Cela permet de « repartir à zéro » sur les déroulements de carrière des plus anciens et de mettre de côté les contestataires. D’autant plus qu’ici, selon un élu CGT, les conditions de travail sont correctes et les salaires autour de 1 800 euros brut, alors que, dans les autres hôtels, les femmes de chambre gagnent plutôt entre 1 200 et 1 400 euros.

Et pourtant ils engrangent...

La direction prétend reclasser les salariéEs dans le groupe Accor où pourtant des mesures de chômage partiel sont déjà mises en place. Une majorité de salariéEs souhaite conserver le lien contractuel avec le Pullman-Montparnasse, ce qui veut dire qu’en cas de détachement dans d’autres hôtels du groupe Accor, l’emploi, la rémunération et le statut seront maintenus avec la certitude de retrouver leur emploi à la réouverture.

Des revendications « raisonnables » pour des groupes qui font partie du CAC 40 et ont engrangé 244 millions d’euros de bénéfices nets pour Accor en 2015 et même 1,159 milliards pour Unibail-Rodamco ! Une opération programmée depuis quelque temps qui s’inscrit dans un programme de transformation du quartier de la Gaîté... programme confié par la ville de Paris au groupe Unibail-Rodamco pour un coût de l’ordre de 350 millions d’euros !

Et, grâce à la loi travail, les salariéEs qui n’accepteraient ni le départ volontaire ni le reclassement seraient licenciés pour motif économique. Prochaine journée de mobilisation le 22 novembre.