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Tension Corée du Nord

Pyongyang fait exploser sa première bombe H, les Etats-Unis sortent la menace nucléaire

Ce n'est pas sûr à 100% mais il semblerait qu'étant donné la puissance de l'explosion, la Corée du Nord a réussi a faire exploser sa première bombe à hydrogène. Le conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni d'urgence dans l'optique de passer à la vitesse supérieure au niveau des sanctions. Les USA menacent du feu nucléaire et mettent la pression sur tous.

Crédit Photo : KNS / KCNA / AFP

La Corée du Nord à la poursuite de son arsenal nucléaire

Cela serait une avancée considérable pour le programme nucléaire nord-coréen, si l’explosion de leur bombe H était avérée. D’après les analystes, il s’agirait effectivement d’une bombe à hydrogène. Elle était d’une puissance d’environ 50 kilotonnes, soit cinq à six fois plus puissante que celle qui a ravagé Hiroshima en 1945. L’énergie de l’explosion, dans une galerie creusée sous une montagne à Punggye-Ri, est équivalente à celle d’un séisme de magnitude 6,3. Elle a été enregistrée par tous les réseaux sismiques de la planète, même à des milliers de kilomètres.

Les succès des deux derniers essais, celui de la bombe H et du tir balistique survolant le Japon ce mardi 29 août, tendrait à accréditer l’idée que le régime nord-coréen est en passe de se doter de capacités nucléaires suffisantes pour mettre au point des missiles nucléaires pouvant atteindre les États-Unis. Les renseignements États-uniens ont revu leur appréciation à la hausse en ce qui concerne le développement du programme nucléaire de Pyongyang pour arriver à frapper son sol. Le délai est passé de 4 ans à 1 an.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies réuni d’urgence

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunissait lundi en urgence pour répondre au sixième essai nucléaire nord-coréen, alors que les appels pour une nouvelle série de sanctions se multiplient notamment venant de Washington. Dans un premier temps, après un entretien téléphonique entre le président américain et le Premier ministre japonais, la Maison Blanche avait ainsi souligné que les États-Unis étaient prêts à utiliser « la gamme complète » de leurs capacités diplomatiques et militaires, y compris « nucléaires ». Trump a répondu à un journaliste que c’était une éventualité. Depuis, il n’est plus question d’arme nucléaire mais le discours reste belliqueux.

L’ONU a imposé au régime nord-coréen sept séries de sanctions, chaque fois plus sévères, notamment un embargo sur les armes, des gels d’avoirs et l’interdiction d’importer son charbon, depuis que Pyongyang a procédé pour la première fois en 2006 à un essai nucléaire. Cette semaine sera voté une nouvelle série de mesures. Pour Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, « l’heure est venue de cesser les demi-mesures ». La diplomate a souligné qu’il y avait « urgence » et que l’approche des Nations unies depuis plus de vingt ans « n’avait pas fonctionné » pour changer l’attitude nord-coréenne. Et, toujours selon elle, ça serait dû tout simplement au fait que Pyongyang et Kim-Jong-un « ne demandent qu’une chose, la guerre » et de fait les USA rejette les propositions de la Russie et de la Chine qui prônent les négociations et proposaient un gel des manœuvres militaires américano-sud-coréennes contre une suspension des programmes d’armement nord-coréens. La Russie, et encore moins, la Chine n’a d’intérêt à voir le régime nord-coréen chuter, ce qui se fera en faveur d’une réunification coréenne pro USA. Les USA n’ont pas d’intérêt particulier à voir la région ravagée par une guerre dévastatrice.

Néanmoins pour ce qui est de durcir le ton, les USA ont le soutien de la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Japon.

Une guerre militaire ou économique ?

Si « la Chine n’autorisera jamais le chaos et la guerre sur la péninsule coréenne », selon l’ambassadeur onusien chinois et qu’ « il est urgent que chacun garde la tête froide », selon son homologue russe, ils seraient peut être plus enclin à accepter de nouvelles sanctions. Les dernières ont été votées à l’unanimité. Trump commence à mettre la pression notamment a ses alliés afin de monter d’un cran dans la confrontation. Car il n’a que deux solutions raisonnables devant lui, plus de sanctions ou plus de dialogue.

L’ex-conseiller du président, Steve Bannon, avait résumé la situation d’une manière assez pragmatique, « Il n’y a pas de solution militaire [à la menace nucléaire nord-coréenne]. Jusqu’à ce que quelqu’un me prouve que dix millions de personnes à Séoul ne mourront pas dans les trente minutes par des armes non conventionnelles, (...) il n’y a pas ici de solution militaire, ils nous tiennent. » La solution de Trump serait d’arrêter « tous les échanges commerciaux » avec les pays « faisant des affaires » avec Pyongyang. « Ce qui est absolument inacceptable de notre point de vue, c’est que d’un côté nous travaillons dur pour résoudre de façon pacifique le problème (nord-coréen), et de l’autre, nous voyons nos intérêts compromis et sanctionnés », a répondu ce lundi le porte-parole de la diplomatie chinoise Geng Shuang. De plus, il est difficile à Trump de mettre une pression économique sur la Chine lorsque l’on sait quec’est sur le sol de celle-ci que beaucoup de multinationales américaines produisent et exportent vers les marchés occidentaux.

Trump vise les quelques 60 pays qui commercent avec Pyongyang dont, notamment, la Chine, l’Inde Le Pakistan, la Thaïlande, la France, l’Allemagne, la Russie et cela concerne des pays plus modestes comme le Burkina Faso qui de fait à moins à mettre dans la balance pour contrer les mesures US. C’est la seule pression qu’il peut exercer sans franchir la ligne rouge.

La Corée du Nord est bien au courant de cette situation et c’est bien pour cela que le régime est à l’offensive et sur le point de réussir son pari : avoir une force de dissuasion nucléaire suffisante pour permettre sa survie et empêcher tout initiative interventionniste. Les exemples de Khadafi et Sadam Hussein, l’axe du Mal d’un certain Bush, raisonne dans la tête de Kim-Jong-Un. Alors si Trump a repris la phraséologie de Bush, le dirigeant nord-coréen lui n’a pas décidé de se plier aux exigences onusiennes.




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