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Notre classe

Témoignage d’une caissière

Pyrex, Nutella… se foutre de la gueule du monde est devenu une habitude pour Intermarché

Le jour du début de la promo sur les pots de Nutella, j'étais en charge de l'ouverture du magasin, à 9 heures. A 8h30 déjà plus d'une cinquantaine de personnes attendait devant la porte.

Je n’étais même pas au courant qu’il y avait une promo, alors, en ouvrant les rideaux j’ai demandé...c’est quoi cette manifestation ? Une horde euphorique m’a répondu à l’unisson : « c’est pour la promotion de Nutella ! »...en moins de 15 minutes tout était parti, nous nous sommes fait dévaliser. Le magasin n’avait pas prévu un stock suffisant pour pouvoir satisfaire la demande.

Pour ceux arrivés trop tard, la déception était énorme : ils venaient pour une promo extraordinaire et ne trouvaient pas un seul pot de Nutella au prix annoncé… Dans les couloirs et les rayons des magasins, on n’entendait que le mot « Nutella » : les questions des clients ayant été attirés par le petit prix étaient récurrentes, souvent des familles nombreuses.

L’employé du rayon a été pointé comme responsable de cette situation… mais comment pouvait-il deviner un tel succès ? En plus de tenir les employés pour responsables du manque du produit, les médias et les directions des Inters responsabilisent les clients pour avoir acheté en grosses quantités. Mais la direction aurait dû prévenir les employés pour qu’ils puissent passer les commandes dans les quantités adéquates.

Sans compter que la clientèle ne s’est toujours pas « remis » du coup des plats Pyrex, une promo de fin d’année dernière : à chaque passage en caisse, on donnait une vignette par tranche de 10€ dépensés. Les clients pouvaient ensuite avoir un plat Pyrex à 1€, en l’échange de 30, 40 ou 50 vignettes selon la taille du plat. Encore une fois, la direction au niveau national n’avait pas réussi à les satisfaire alors que pendant des mois ils avaient minutieusement collé les étiquettes sur des collecteurs, dépensant 10€ pour une vignette, soit jusqu’à 500€ pour un plat. Un numéro de téléphone pour passer commande avait été mis en place pour les plats en rupture de stock mais… ce numéro ne répondait jamais.

En tant que caissières, nous avons honte de cette situation. Nous devons donner des explications aux clients qui réclament à juste titre, et l’explication est que nous n’avons aucune information et qu’il faut encore attendre.

Le manque de respect envers les clients, qui loin d’être riches font partie du « peuple travailleur et précaire » qui galère pour joindre les deux bouts et qui font des péripéties pour réussir à avoir un pot de pâte à tartiner ou un plat en verre à seulement 1€, serait devenu une habitude pour la chaine de supermarchés Intermarché.




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