Politique

La police réprime, facebook censure

Quand Facebook et répression marchent main dans la main

Publié le 26 septembre 2016

Guillaume Mazeau, maître de conférences en Histoire et civilisation à la Sorbonne, a vu un de ses posts facebook dénonçant des faits de violence policière supprimé par facebook. En effet, cet enseignant avait relayé le contenu de l’article paru dans nos colonnes jeudi dernier, relayant le témoignage d’un de ses collègues victime d’une agression par la police.

Nima Arlev

Dès lors, les commentaires indignés se multiplient, dénonçant la "censure", accusant la "dénonciation" et la "fachosphère", exprimant l’aspect "malheureux et révoltant" de la situation, certains allant jusqu’à parler de "dictature". Lorsque l’on relit ces commentaires avec ceux suscités par le témoignage relayé vendredi - et qui a été relayé par de nombreux médias traditionnels tel que Libération, Médiapart ou encore Kombini - on peut même percevoir un nouveau climat social apparaître, peut-être plus conscient de ce que représente la police et sa répression, voire parfois en rupture totale avec cette dernière, ainsi que de l’Etat, identifié comme le pouvoir exécutif de cette violence. Les réseaux sociaux, même censurés, semblent donc, malgré eux, nous donner le pouls d’un sentiment d’indignationnaissante autour du rapport de force qui se dessine.

On ne peut s’empêcher de remarquer l’ironie de la censure qu’opère Facebook, visant seins dénudés et professeurs agressés alors que nombre de contenus racistes, sexistes et LGBTIAPphobe continuent de circuler à l’heure où nous écrivons... Ironie soulignée par Mr. Mazeau qui, suite à la suppression de sont post, se fend d’une photo d’un bateau sur la Seine qui, comme le dit un commentaire sous la photo, "ne risque pas d’être censurée par FB" !

Peu d’informations sur la nature de cette censure, probablement provoquée par une dénonciation massive du post, méthode bien connue des groupuscules d’extrême droite qui agissent sur internet, comme soulignés dans plusieurs commentaires. Une entreprise de discrédit de la parole de frange de la population toujours plus grande victime de la violence policière, institution défendu bec et ongle par les groupuscules d’extrême droite, sur les réseaux sociaux comme ailleurs.