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Politique

#AlerteDémocratie

Quand Marine Le Pen veut sauver la démocratie (et son compte en banque)

Depuis 2012, le Front National - désormais Rassemblement National - traine derrière lui des affaires d'emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires au Parlement européen. Ressorti au moment de l'élection présidentielle de 2017 en plein PénélopeGate, le parti d'extrême droite voit aujourd'hui une partie de sa dotation publique gelée par les deux juges chargés d'instruire l'enquête en France, alors que le Parlement européen évalue le préjudice à 7 millions d'euros. Les réactions des bonzes du front, qui déclarent leur parti désargenté, valent leur pesant d'or.

Crédit photo : JOEL SAGET AFP

Assassinat politique ?...

Pour Marine Le Pen et ses troupes, le coup des juges "d’extrême gauche" Van Ruymbeke et Thépaut - chargés de l’affaire sur saisine du Parlement européen- n’est rien d’autre qu’un "assassinat politique".

En effet, alors que devait être versé ce lundi 9 juillet au Rassemblement National (ex- FN) 2,5 millions d’euros dans le cadre des dotations publiques aux partis politiques, les juges financiers français en ont retenu le versement. D’après les juges, cette mesure conservatoire vise à garder à la disposition de la justice ces fonds qui pourraient, s’ils étaient versés, être utilisés rapidement par le RN pour rembourser des emprunts et seraient alors indisponibles pour payer d’éventuels dommages et intérêts dans le cadre de cette affaire.
Wallerand de St-Just, le trésorier du parti, affirme quant à lui que le RN est dans une situation financière très fragile et pourrait déposer le bilan fin août, s’il se trouvait dans l’impossibilité de payer ses créances.
Placé en difficulté financière et judiciaire, le FN tente un coup politique en se positionnant en victime d’un côté et en essayant de resserer les rangs (et le porte-monnaie) de ses électeurs derrière le hastag #AlerteDémocratie.

... ou assistanat politique ?

Alors que les dirigeants du parti d’extrème droite revendiquent le caractère anti-système de leur formation et qu’un des axes politiques historiques du FN est la remise en cause des aides sociales et tout ce qui ressemble de près ou de loin à des mécanismes de solidarité, leurs déclarations font tâche.
En effet, en clamant qu’il risquent d’être en cessation de paiement dès fin août s’ils ne perçoivent pas les aides publiques distribuées par l’Etat - car ils seraient notamment placés dans l’incapacité de payer les salaires de leurs permanents - l’image anti-système du FN semble un tantinet écornée. D’abord, que le fonctionnement d’un parti politique repose principalement sur des permanents interpelle. Ensuite, qu’il s’agisse en plus d’argent public montre bien qu’à l’évidence, au FN on connait assez bien le système pour le faire fonctionner à son intérêt. A voir ces millions d’euros (4,5 millions d’euros par an pour la période 2017-2022) que le FN encaisse chaque année en provenance de l’Etat, et donc des contribuables, on aurait envie à notre tour de dénoncer l’assistanat...politique.




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