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Genres et Sexualités

Culture du viol

Quand le président philippin déclare que les militaires peuvent violer jusqu’à trois femmes

En termes de violence machiste, Rodrigo Duterte, élu président des Philippines il y a un an, n’en est pas à son coup d’essai. Il y a une semaine, il a déclaré devant ses troupes militaires qu’ils étaient autorisés à violer jusqu’à trois femmes.

Crédit Photo : TED ALJIBE AFP

Rodrigo Duterte fait partie de ces abominations produites par un système pourrissant. Élu président philippin il y a presque un an avec un programme de « guerre contre la drogue », il a déjà légitimé des milliers de meurtres au sein de l’archipel. Avant d’assurer la fonction présidentielle, Duterte était resté 20 ans maire de Davao, parfois surnommée « capitale du crime » et qu’il se vante d’avoir transformé en « ville la plus sûre du monde ». Pour ce faire, une méthode bien particulière : il se targue d’avoir lui-même déjà participé à des escadrons de la mort et commis de nombreux meurtres pour « donner l’exemple à la police ». En réalité, Davao est l’une des villes du pays où sont commis le plus de viols et de meurtres, ce qui ne paraît pas très étonnant au vu du personnage qui l’a dirigée pendant deux décennies.

Car outre son goût prononcé pour la violence, Rodrigo Duterte est également un machiste notoire. En 2016 déjà, il déclarait avoir voulu violer une missionnaire australienne tuée en 1989 au cours d’une émeute dans une prison philippine.

Récemment, ce charmant personnage a franchi un nouveau cap, en appelant explicitement au viol ses troupes militaires, sur l’île de Mindanao.

Je serai emprisonné à votre place. Si vous violez trois (femmes), je dirai que je l’ai fait. Mais si vous en épousez quatre, fils de pute, vous serez battus.

Habitués à ses frasques, les portes-paroles de celui qui s’autoproclame dictateur tout comme les services diplomatiques ont du l’excuser du bout des lèvres, après le tollé provoqué par cette sortie immonde. Ils avaient déjà dû essuyer les plâtres à de nombreuses reprises, après que Duterte a traité Obama de « fils de pute » ou qu’il a conseillé à l’Union européenne d’aller se faire foutre en faisant un doigt d’honneur.

Cette fois-ci, c’est son porte-parole Ernesto Abella qui a diffusé un communiqué, qui ne cherche même pas à excuser l’appel au viol, mais plutôt à l’invisibiliser. « Il a apporté tout son soutien aux hommes et femmes en uniformes, en assumant l’entière responsabilité de leurs actions, y compris les crimes exagérés comme prendre une quatrième femme » a ainsi déclaré le porte-parole, expliquant que Duterte avait fait preuve d’une « bravoure exacerbée ».

Les ficelles sont tellement grosses, et le personnage tellement odieux et caricatural, que cela pourrait prêter à sourire si des millions de femmes n’étaient pas, à l’heure actuelle, victimes de viol partout dans le monde. Duterte n’est que la partie visible de l’iceberg, l’illustration d’une société où règne la culture des viols et où le corps des femmes n’est qu’une marchandise parmi d’autres.