Politique

Un candidat « anti bling-bling » ?

Quand les magouilles de Fillon refont surface

Publié le 1er décembre 2016

Quelques jours seulement après la victoire de Fillon à la primaire de droite, les casseroles du candidat « anti bling-bling » commencent déjà à ressortir. Au cœur du scandale, son entreprise de conseil très lucrative « 2F conseil ». L’occasion de revenir sur les différentes magouilles (connues) du candidat de la droite.

Georges Camac

Il n’aura pas fallu plus de 3 jours. Et comme bien souvent, c’est le Canard Enchainé qui a dégainé le premier. Selon l’hebdomadaire satirique, son entreprise de conseil « 2F Conseil » aurait rapporté au vainqueur de la primaire de droite plus de 600.000 euros de salaires nets en trois ans, soit un salaire mensuel de 18.000 euros. Une somme qui vient s’ajouter à son salaire de député de Paris de plus de 5000 euros nets, et ce sans compter les avantages en nature. Des revenus faramineux qui ne sont surement pas de trop pour celui qui, derrière son apparence « austère », sait aussi mener un rythme de vie faste : château, montres de luxe, vacances sur les yachts de ses copains, etc.

Rien d’étonnant donc à ce que François Fillon ait voulu rester discret sur l’existence de son entreprise et sur ses activités. D’autant plus que, toujours selon le Canard Enchaîné, celui-ci aurait par exemple réalisé des conférences au Kazakhstan en 2013, pays connu pour être une féroce dictature, ou encore en Russie et en Iran, même si l’intéressé nie pour les deux dernières. Une activité de consulting qui est de plus interdite pour les élus en activité avec les risques de conflits d’intérêt que cela peut supposer, sauf si l’élu en question menait déjà cette activité auparavant. Un règlement que Fillon a bien compris puisque celui-ci a déclaré son entreprise « 2F conseil »… 10 jours avant sa prise de fonction. De là à y voir une coïncidence…

Une affaire qui n’est sans rappeler les révélations que faisait déjà le Canard Enchainé, dans son numéro du 3 juin 2009. D’abord sur son appartement de fonction à Matignon lorsqu’il était premier ministre, censé ne mesurer officiellement « que » 78,40 m2 et dont la surface avait finalement quasiment quadruplé pour atteindre… 309,72 m² ! Ou encore les nombreux fonctionnaires à son service (secrétaires, chauffeurs, gardes-du-corps) payés par d’autres ministères pour faire baisser artificiellement le budget de son ministère. Ou encore ses déplacements, pour certains privés, aux frais du ministère de la Défense ou dans le Falcon de l’Etat, qui dépassait « allègrement le million par an » et sa voiture de fonction blindée à plus de 120.000 euros. Des avantages qui ne se sont pas arrêtés le jour de la fin de sa prise de service. En effet, selon Médiapart, l’Etat aurait continué d’assurer les frais des personnels de Fillon, comme ceux d’autres « ex » ministres, coutant par exemple la bagatelle de 66.000 euros au contribuable en 2014.

Autant de magouilles qui viennent rappeler ce qu’est vraiment François Fillon : un candidat dans le plus pur style de l’establishment, avide de richesse et de pouvoir. Les révélations sur son entreprise de conseil et ses liens supposés avec la Russie viennent aussi renforcer les accusations de trafic d’influence avec la Russie dont certains l’accusaient après ses positions pro-Poutine. Que ces accusations soient fondés ou non, ce qui est sûr, c’est qu’il y a bien conflit d’intérêt dans la candidature de Fillon : celle d’un riche, au service des riches, prêt à mener un gouvernement de combat contre les travailleurs et les classes populaires, et à profiter des bénéfices dont profite cette classe politique au service du patronat… et ce toujours sur notre dos bien sûr.