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Politique

Coup de gueule à défaut de prime de Noël…

Que nous réservent le Président Dictateur Général Macron et son DRH, E. Philippe, pour 2018 ?

Le 4 décembre dernier, Jean-Jacques Bourdin piégeait le député LREM Hervé Berville sur le plateau de BFMTV, en l’interrogeant sur la reconduction de la « prime de Noël ». Une prime dont l'élu des Côtes-d'Armor ne semblait pas avoir la connaissance. Nous publions ici cette réponse d’Aurélien Perrot, cheminot à Trappes et militant CGT, sur les « cadeaux » que nous prépare en revanche le gouvernement de Macron.

Une nouvelle preuve, s’il en fallait encore, que la plupart de l’oligarchie politique ne vit pas dans le même monde que le reste de la population, plus communément appelé plèbe. En effet, il semblerait que M. Berville n’ait pas beaucoup de personnes dans son entourage qui bénéficient de cette fameuse prime de Noël. Il est choquant qu’un représentant du peuple ignore les quelques mesurettes mises en place pour aider les plus démunis. Rappelons que cette prime est versée dans la semaine précédant Noël aux personnes bénéficiaires de certains minima sociaux, en fonction du nombre d’enfants à charge dans le foyer. Une aide qui, même si on peut regretter son montant d’autant plus faible qu’il a été gelé cette année, a le mérite d’exister et de survivre à chaque gouvernement depuis 1998.

En plus de démontrer l’incompétence et la déconnexion de la réalité de ceux qui sont sensés nous représenter, cela démontre également le mépris de classe dont ils peuvent faire preuve. On lui parle de prime, il se pose directement la question si lui, en tant que député, y aurait eu droit. A gerber…

Les surprises du gouvernement pour 2018 : continuer à voler les pauvres pour donner aux riches

C’est l’occasion de voir, en guise de cadeau de Noël, ce que le Président Dictateur Général, M. Macron, et son DRH, M. Philippe, nous réservent pour l’année 2018. Pendant que le DRH vole (ou vole, ce qui dans son cas est identique) pour 350 000€ (à peu près 25 années de SMIC) pour gagner 2 heures, que des centaines de milliards vont dans des paradis fiscaux, parfois même dans l’union européenne complice, on préfère rechercher un SDF qui a eu la chance de trouver 300 000€. Bonne chance à lui en espérant qu’il ne se fasse pas choper avant d’avoir tout dépensé. Et le PDG va nous expliquer, ou plutôt va expliquer à ceux qui auront la naïveté de se trouver devant leur poste de télévision au plus mauvais moment, qu’il va falloir faire des efforts, qu’on vit au-dessus de nos moyens, il va falloir se serrer la ceinture et les coudes, etc. Autrement dit qu’il va continuer à voler les pauvres pour donner aux riches.

Alors pour gagner du temps, nous allons résumer ce qui nous attend pour cette nouvelle année afin de commencer à construire une réelle opposition (une vraie, pas celle qui discute de la couleur du papier toilettes de l’assemblée autour du champagne et des petits fours). Car pour gagner contre cet ennemi commun, c’est par millions que nous devrons déferler dans la rue.

- La suppression des cotisations sociales et salariales pour l’assurance chômage et l’assurance maladie. Attention : danger. S’ils la présentent comme une mesure en faveur du pouvoir d’achat des Français, il s’agit en fait d’un tour de passe-passe qui aboutit au hold-up du siècle. En effet les cotisations qui vont d’abord diminuer avant de disparaître au cours de l’année 2018 proviennent du travail des salariés et à ce titre sont payées par les patrons pour l’ensemble des salariés afin de faire face à toutes les difficultés que réserveront la vie (chômage, maladie, vieillesse). En supprimant cette cotisation, le gouvernement se sert dans nos poches pour augmenter soi-disant notre pouvoir d’achat. Un peu comme s’il avait vidé notre livret A pour nous filer un treizième mois. Une mesure que le patronat applaudit d’autant plus qu’il la demande depuis 1945 (l’assurance chômage, crée en 1958, a été inclus dans la sécurité sociale depuis).Une mesure qui va aboutir au financement de plus en plus important par l’impôt de la sécurité sociale et non plus par les cotisations sociales. De Gaulle, par ordonnance du 21 août 1967, avait déjà diminué le poids des syndicats dans la gestion de la sécurité sociale en passant de la gestion par des représentants élus par les assurés au paritarisme entièrement biaisé par les divisions des syndicats orchestrées par le patronat et le gouvernement, alors que le patronat se présente uni. C’est pourquoi dans ce cas le paritarisme, qui pourrait sembler plus juste si on ne l’explique pas, est en fait une mesure qui donne la majorité au patronat pour imposer sa gestion de la sécurité sociale (déremboursements, attaques sur les chômeurs, recul de la retraite, …). Macron va pouvoir achever son œuvre en virant totalement les syndicats de la gestion de la sécurité sociale en prétextant que puisque c’est l’état qui paie (comprenez : nos impôts) alors c’est l’état qui décide (ah ben non c’est plus nous c’est eux).

- On était habitué à ce qu’il n’y ait pas de « coup de pouce », même symbolique, au SMIC. 2018 ne fera pas exception à la règle : le SMIC aidera à survivre mais toujours pas à vivre. D’autant que la soi-disant augmentation du pouvoir d’achat due à la suppression des cotisations sociales est déjà « compensée » par une perte de pouvoir d’achat, réelle celle-là, due à l’augmentation de la CSG. Et même ceux qui n’auront pas « bénéficié » de la supercherie sur les cotisations sociales subiront cette perte directe de rémunération. Exception pour les retraités gagnant moins de 1289€ ou 1394€ par mois suivant les cas : le gouvernement estime sans doute qu’avec une pension d’un de ces montants on vit confortablement. Venant d’un gouvernement dont les députés n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois avec 5000€ par mois, qui regrettent de ne pas pouvoir s’acheter une Porsche mais qui trouvent que les smicards sont trop payés, plus rien ne nous étonne.

- Préparez-vous à ce que la cotisation de votre mutuelle fasse un bond en 2018. Explications : à force de faire des cadeaux au patronat, sous forme d’exonérations de cotisations à la sécurité sociale, cette dernière se retrouve avec un déficit qui n’existerait pas si tous les patrons payaient leurs cotisations. Ça, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est la nouvelle façon que le gouvernement a trouvé de nous faire les poches : rendre les mutuelles obligatoires (vu que l’état casse la sécurité sociale en remboursant de moins en moins de médicaments ou de prestations médicales, elles étaient déjà fortement conseillées), puis leur laisser une facture de près de 1 milliard d’euros pour 2018 : 180 millions pour les nouvelles rémunérations des médecins traitants, 73 millions pour la revalorisation des tarifs des consultations, 60 millions pour la revalorisation des rémunérations des pharmaciens et 577 millions d’augmentation des dépenses de santé. Evidemment, ces dépenses seront payées par les adhérents des mutuelles. Les plus modestes n’auront pas forcément les moyens de payer et devront peut-être renoncer à se soigner.

- Le gouvernement s’apprête à nouveau à diviser les Français en s’attaquant aux régimes spéciaux de retraite, toujours sous couvert d’égalité. Mais pourquoi veulent-ils toujours égaliser par le bas et jamais par le haut ? La réponse est simple : eux, ils l’ont la conscience de classe et ils ne veulent que nous diviser pour nous faire la peau. Mais la seule division qu’il doit y avoir, c’est celle entre la classe ouvrière et la bourgeoisie.

- Le seul cadeau de Noël, pour revenir à notre sujet principal, est pour ceux qui paient l’ISF. Enfin, ceux qui le payaient et qui auraient dû le payer encore. La baisse des impôts sur les sociétés semble en bonne voie également. La transformation de notre pays en paradis fiscal pour les riches est en marche.

Néanmoins, il est important de continuer à se battre contre les ordonnances qui ont démocratiquement été passées à coups de matraques cet automne, même si elles ont été ratifiées par le parlement. Il est bon de rappeler aux députés LREM qu’ils n’ont aucune légitimité : ils n’ont été élus que parce qu’une immense majorité des électeurs a rejeté les partis traditionnellement au pouvoir, ainsi que le parti fasciste, et grâce à une très forte abstention. Nous avons plus de légitimité qu’eux. Ce que ce parlement a fait, la rue le défera.




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