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Quelles perspectives pour les Constructifs, officiellement exclus par Les Républicains ?

Le bureau politique des Républicains était à nouveau réuni ce mardi soir pour se prononcer sur l’exclusion de ceux qui incarnent l’aile pro-Macron au sein du parti. L’avenir du groupe parlementaire des Constructifs est toujours incertain.

Voilà plusieurs semaines que la question est en suspens. L’exclusion des Constructifs, cette aile pro-Macron qui s’est formée au sein des Républicains et dont le premier ministre fait office de figure de proue, a été prononcée ce mardi par le bureau politique des Républicains. La procédure vise, outre Édouard Philippe, Gérald Darmanin (ministre des Comptes publics), Sébastien Lecornu (secrétaire d’État à la Transition écologique), Franck Riester, qui préside le groupe UDI-Constructifs à l’Assemblée et Thierry Solère, député du même groupe.

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a tenté de minimiser l’importance de la décision : « C’est une réunion purement formelle. La décision politique a été prise la semaine dernière à une large majorité. Pour des raisons de forme juridique, il faut une décision de pur formalisme administratif ».

Car si l’exclusion de ces cinq dissidents des Républicains n’est une surprise pour personne, sa formalisation a viré au ridicule ces derniers jours, mettant en lumière la crise profonde que traverse le parti. Ainsi, le bureau politique réuni la semaine précédente, déserté par ses membres, n’avait pas pu statuer sur la question car le quorum n’était pas atteint. Mais il n’y a pas que du côté des Républicains que l’aile pro-Macron suscite de des discussions.

En effet, la question de l’exclusion des Constructifs est au cœur des recompositions politiques à droite. Et notamment du fait que si Macron les accueillait au sein d’En Marche, ce serait pour lui un premier pas dans le sens de consolider son appareil -. Car Macron, élu malgré une base sociale faible en surfant sur l’effondrement du bipartisme français, voit aujourd’hui la nécessité de continuer à occuper l’espace au centre-gauche et centre-droit de l’échiquier politique. Cela lui permettrait d’éviter que ne se (re)forment des concurrents trop proches d’ici 2022, mais aussi de se constituer un véritable appareil en récupérant des figures de l’establishment français.

Pourtant, au sein des Constructifs, il y a bien peu d’homogénéité. On pensera notamment au vote concernant la hausse de la CSG qui avait divisé les rangs du groupe. Ce que Charles de Courson, député UDI traduira à sa manière par : « Il y a une totale liberté de vote chez nous, on n’est pas chez les bolchéviques ! ». Car les Constructifs issus du parti Les Républicains sont depuis un certain temps accusés par ceux qui sont membres de l’UDI d’être un peu trop Macronistes. En d’autres termes, les députés UDI ne voient pas d’un bon œil l’absence de critique de Solère et compagnie vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement, et ils ne semblent pas prêts à être absorbés par l’organisation d’Emmanuel Macron.

Crédits photo : REUTERS/CHARLES PLATIAU




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