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Politique

Guerre du Golfe, Sarajevo, Rwanda…

Qui est François Lecointre, le nouveau « chef de guerre » de Macron ?

« Un héros », quelqu’un de « très charismatique, d'intelligent, de cultivé ». L’éxécutif n’a pas manqué de superlatifs pour décrire François Lecointre, le nouveau chef d’état major des armées. Et pour cause, l’homme est réputé pour être un véritable stratège militaire.

crédit photo : Arnold JEROCKI / POOL / AFP

Un profil idéal pour le « chef de guerre » Emmanuel Macron

Exit Pierre de Villiers, place à François Lecointre. « Un héros reconnu comme tel dans l’armée » d’après Emmanuel Macron lui-même, qui a vu dans le quinquagénaire le profil idéal au poste de chef d’état major des armées. Jeune, avec une expérience de terrain et ce dans divers corps de l’armée, Lecointre semble en effet coller à l’image que souhaite incarner le nouveau président en exercice : celui du renouveau… du moins en façade. En effet, si Emmanuel Macron a « rompu » la traditionnelle nomination d’un haut gradé à ce poste clé de chef d’état major des armées, il n’en demeure pas moins que Lecointre possède plusieurs avantages non négligeables pour l’éxécutif.

Son profil, proche de l’armée de terre, a d’emblée séduit. Sa nomination est le signal fort d’un tournant désormais accompli d’entrée des militaires en matière de sécurité intérieure, notamment au travers de l’opération Sentinelle et alors que l’état d’urgence, promulgué pour la 6ème et (sans doute) dernière fois va voir nombre de ses dispositions entrer de plein pied dans la constitution dans les prochains jours et les prochaines semaines. Qui de mieux que Lecointre donc, lui qui a été nommé à la tête du cabinet militaire du Premier ministre en 2016.

L’expérience de terrain de François Lecointre est aussi un atout majeur pour le « chef de guerre » Macron. Guerre du Golfe en 1991, Sarajevo en 1995, Somalie, Djibouti. Le nouveau chef des états majors des armées a un CV guerrier bien rempli. Alors qu’Emmanuel Macron a multiplié les sorties symboliques sur ce thème, tout en se mettant au centre de la « lutte anti-terroriste » à échelle internationale, il est assez aisé de voir en quoi le profil de Lecointre a de quoi séduire l’ex-banquier de chez Rothschild. Mais c’est la participation de Lecointre à l’opération « turquoise » au Rwanda en 1994 qui est mise le plus en avant. Dénoncée en 2014 comme une opération destinée à soutenir le pouvoir hutu, elle est évidemment présentée sous un angle différent : celui d’une gigantesque opération humanitaire qui a « limité les dégats », alors que plus de 800 000 cadavres se sont entassés en moins d’une semaine lors de ce génocide. Impitoyable sur le terrain et près à aller jusqu’au bout pour défendre les intérêts impérialistes français en somme.

En guise de cerise sur le gâteau, Lecointre tient chevillée au corp une solide réputation de véritable stratège militaire, froid et calculateur. Une « qualité » essentielle pour un chef des états majors des armées. A tel point qu’il fait parti des membres fondateurs de la revue Inflexion, dont il est le directeur de publication, et décrite sur leur site internet comme « une revue des sciences humaines et sociales qui ambitionne de participer au débat intellectuel autour de problématiques actuelles centrées sur l’action militaire ». Un pédigrée qui en dit long sur le prétendu « renouveau » prôné par Macron, qui s’est offert les services d’un vieux loup de mer des forces armées, véritable chien de garde des valeurs d’une armée défendant corps et âmes les intérêts économiques de la France au quatre coins du globe.

Un connaisseur des sphères du pouvoir, fervent catholique et conservateur

Sur le champs des valeurs, justement, François Lecointre ne se cantonne pas aux seules sphères militaires. Fervent catholique et conservateur assumé, il ne déroge là non plus pas à la règle. Nul doute que l’extrême droite, qui s’est déchainée suite à l’éviction de Pierre de Villiers, sur les réseaux sociaux et ailleurs, saura donc trouver son compte dans cette nomination.

Enfin, l’une des spécificités du profil de François Lecointre est sans nul doute sa parfaite connaissance des sphères du pouvoir. Comme dit plus haut, il a été en poste à Matignon et est décrit comme un homme ayant « le sens de l’État ». Un nouveau collaborateur qui devrait donc présenter l’avantage, pour Macron, de ne pas faire trop de vagues mais qui s’inscrit aussi comme idéal dans le processus de tournant autoritaire et bonapartiste engagé sous Hollande, et poursuivi par Macron.

Bien sur, Pierre de Villiers ne présentait en aucun cas un profil « moins réactionnaire » que son successeur au poste de chef des états majors des armées. Toutefois, il est notable que François Lecointre dispose d’un CV et d’un profil « updaté », en parfaite cohésion avec les vélléités répressives en interne comme guerrières en externe voulues par l’éxécutif étatique. François Lecointre un nouveau chef des états majors des armées idéal en vue de nouvelles interventions guerrières ?




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