^

Politique

Geoffroy Roux de Bézieux

Qui est le nouveau patron du MEDEF, qui ne connaît pas le montant d’un SMIC ?

Succédant à Pierre Gattaz à la tête du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a pour objectif de moderniser le patronat français. 56 ans, ancien militaire d’élite, diplômé d’une grande école, catholique pratiquant et doté d’un nom à particule… Moderne, vraiment ?

Crédits photo : ERIC PIERMONT / AFP

Les 566 membres de l’Assemblée générale du Medef ont élu Geoffroy Roux de Bézieux à leur tête ce mardi 3 juillet. Ils sont nombreux à vanter ses mérites et sa volonté de moderniser le grand patronat français. Pourtant, son CV dit tout le contraire.

Vice-président délégué et trésorier du Medef, chargé d’un pôle traitant de l’économie, la fiscalité, l’innovation et le numérique, Roux de Béziers est loin d’être un outisider. Issu de la noblesse lyonnaise – d’où la particule – catholique pratiquant et diplômé de l’Essec, il est également passé par une unité d’élite de la marine française. Ce n’est pas un pedigree particulièrement novateur chez ceux qui s’engraissent sur notre dos.

Fondateur de The Phone House (distributeur de téléphones portables) puis à la tête de Virgin Mobile pendant un temps, le nouveau patron des patrons a fait campagne autour de la « révolution technologique » et a notamment été élu grâce au soutien d’une importante frange de la french tech (les patrons de Meetic, Blablacar et PriceMinister, pour ne citer qu’eux). Ce dont il se vante moins, en revanche, c’est que lorsqu’il a vendu The Phone House, 1500 salariés se sont retrouvés sur le carreau.

Pourtant, et c’est un de ses frères d’armes qui le dit, à savoir Patrick Martin, président du Medef Auvergne Rhône-Alpes : « Son défaut, c’est le social, mais on veillera à ce qu’il ait aussi cette dimension ».

Et il n’a pas fallu longtemps pour qu’il prouve qu’il n’avait aucun intérêt commun avec la grande partie de la population qui travaille sous ses ordres et ceux de ses amis les patrons. En effet, quelque jour avant son élection, invité sur RTL, celui qui était notamment chargé de la fiscalité au sein du Medef pendant cinq ans s’est vu demander le montant d’un SMIC. « En horaire, je ne sais pas. En mensuel, 1 280 € net, quelque chose comme ça… ». Raté ! Puisque le SMIC mensuel s’élève actuellement à 1 170,69 €.

Une déclaration totalement déconnectée de la réalité qui ne tombe pas du ciel, puisque Geoffroy Roux de Bézieux a affirmé dans la foulée que l’idée d’augmenter le SMIC « ce n’est pas sérieux ! » Rappelons également que ce nouveau patron des patrons est un fervent défenseur de la politique menée par Emmanuel Macron, et qu’il souhaite en finir définitivement avec l’ISF (Impôt sur la Fortune). Une revendication quelque peu intéressée puisqu’en 2013 déjà, il se ventait de gagner plus de 300 000 euros par an.

De ce point de vue, rien de nouveau sous le soleil. Derrière la façade d’une apparente modernité, c’est bien la même logique qui est à l’œuvre : réduire les « charges » patronales sur le dos des travailleurs, encourager la flexibilité (entendre la précarité), revenir sur tous les acquis sociaux, pour engraisser toujours plus un petit nombre de patrons.




Mots-clés

Medef   /    Patrons-voyous   /    Politique