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« Capri c’est fini… Ce soir c'est plus la peine »

RATP. Grève victorieuse contre la révocation d’un collègue au centre de La Villette

Deux nuits de grève massive auront suffit pour que la direction plie face aux travailleurs déterminés du centre de maintenance RATP de La Villette. La raison de leur colère : la révocation d'un de leurs collègues. Cette fois-ci, ils ont décidé de ne pas laisser passer et de débrayer massivement. Flora Carpentier

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, alors que la RATP mène une politique intenable de pression sur les travailleurs, multipliant les sanctions et les menaces. Les conditions de travail sont déjà très dures pour ces travailleurs nocturnes, qui s’occupent de la maintenance de l’ensemble des voies du métro parisien en dehors des heures de circulation. Il faut marcher le long des rails, lampe au front... faire des soudures dans des endroits confinés, changer un rail, porter des charges lourdes, etc. Tout ça avec un compte à rebours, avec l’obligation de finir avant le début du trafic. Voir leur tenue de travail en dit long sur les conditions.

Alors quand il faut ajouter à tout cela les pressions de la direction, c’en est trop.

Quand ils ont appris la révocation de leur collègue, la totalité des agents présents à l’attachement ont décidé de débrayer. La dernière fois que l’un d’entre eux avait été révoqué, il y a plusieurs années, personne n’avait osé lever le petit doigt. Alors pas question de se faire avoir deux fois, d’autant plus qu’ils voient bien venir la direction avec ses méthodes d’intimidation, ses pressions et ses sanctions disciplinaires. C’est d’ailleurs le même type de pressions qui a conduit les agents du RER A à se mettre en grève ce jeudi. Pour la direction de la RATP, il y avait sans aucun doute une volonté de créer un précédent pour mieux imposer sa dictature patronale et tétaniser les salariés.

Mais c’est tout l’inverse qu’il s’est produit ! Dès qu’ils ont appris la nouvelle, les travailleurs sont montés au créneau et ont décidé de répondre collectivement à l’attaque. Une fois réunis dans une salle et après quelques prises de parole, à l’unanimité, ils ont décidé de "poser le sac", pour montrer à la direction que si elle touchait à n’importe lequel d’entre eux, il y aurait une riposte.

La première nuit a été longue. Les chefs ne voulaient pas reconnaître qu’ils avaient demandé la révocation, et faisaient semblant de ne pas savoir ce qui se tramait dans la hiérarchie. Alors les travailleurs n’ont pas fléchit et, tenant tête à leurs chefs, ils ont fini par leur faire cracher le morceau. La révocation du collègue avait bien été décidée. Malgré les pressions pour reprendre le travail, pas un n’a cédé. Certains parlaient même de débrayer pendant une semaine s’il le fallait. La deuxième nuit, l’engouement s’est propagé auprès de ceux qui étaient absents la veille, et ils ont été plus de 80 à refuser d’aller travailler. Un véritable raz de marée pour ce centre de maintenance où personne n’avait bougé depuis un moment. Cette fois-ci, la direction a envoyé un haut placé en costard cravate pour tenter de « raisonner » les salariés et leur expliquer qu’il existe d’autres manières bien plus « responsables » pour résoudre les conflits que la grève. On aurait cru entendre la propagande du MEDEF contre les mobilisations syndicales. Une véritable provocation qui n’a fait qu’attiser un peu plus la colère palpable chez les travailleurs. La peur avait clairement changé de camp, pendant que la grève compromettait les chantiers en cours, déclenchant des retards et impactant les entreprises sous-traitantes.

Alors, la direction de la RATP a vite plié face aux grévistes, se soumettant à l’ensemble des conditions qu’ils avaient posé pour la reprise du travail : l’annulation de la révocation, le paiement des deux nuits de grève et l’ouverture de discussions pour aborder les problèmes de pression au travail. Par cette victoire, les travailleurs ont démontré qu’il est possible de lutter contre l’acharnement de la direction de la RATP et de ne pas laisser passer les attaques. Car s’ils s’en prennent à quiconque d’entre nous, c’est nous tous qui en prenons un coup, et ça on n’est pas près de l’accepter. Cette victoire vient confirmer que la force des travailleurs, c’est leur lutte collective, par la grève et la solidarité. Et le patronat a bien raison d’en avoir peur. Les travailleurs, eux, peuvent être fiers de leur démonstration de force, qui doit servir à préparer les futurs combats et à renforcer leur confiance en leurs propres forces. La force des travailleurs, c’est la grève !




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