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Notre classe

Contre les licenciements

Rassemblement GM&S à Poitiers. Le verdict du tribunal repoussé

Mobilisés aujourd’hui à Poitiers, les GM&S étaient soutenues par plus de 400 personnes, dont Philippe Poutou qui avait fait le déplacement avec des camarades de Ford Blanquefort. Ils attendaient le verdict du tribunal de commerce sur la liquidation de leur entreprise. Le tribunal devrait se prononcer demain, avant 12h30 comme l’ont exigé les salarié.e.s puisque leur AG est prévue à ce moment-là.

Cela fait des années que l’usine de La Souterraine va de redressement judiciaire en redressement judiciaire, jusqu’à la menace récente de liquidation. Des années que les patrons se suivent et instrumentalisent l’usine pour valoriser des avoirs financiers et empocher les aides et subventions de l’Etat. Dernier épisode en date, le 1er décembre 2014, le rachat de l’entreprise par Gianpiero Colla (PDG de GM&S Industry) permet à celui-ci de recevoir 740 000€ au titre du CICE, sans qu’aucun projet viable pour les emplois n’accompagne ce joli cadeau de l’Etat.

Depuis décembre, les salariés sont mobilisés contre la menace de liquidation judiciaire de leur entreprise, exigeant de l’Etat qu’il intervienne après avoir demandé – en vain – à plusieurs reprises qu’il exerce son droit de regard sur la gestion de l’entreprise que des patrons véreux ont mise à terre.
Voyant que personne ne bougeait, les salariés, qui occupent l’usine nuit et jour, ont annoncé avoir miné l’usine avec des bonbonnes de gaz : l’effet attendu s’est produit, l’affaire a commencé à être prise au sérieux, et un peu plus médiatisée. Deux salariés, Didier et Sylvie, racontent l’hypocrisie de l’Etat et des médias, qui ont longtemps passé leur lutte sous silence. Jusqu’à ne diffuser, le jour de la manif sur les Champs Elysées, que le moment où les flics les ont chargés à coups de gaz lacrymogène.

La CGT présente en nombre à Poitiers et l’ensemble des salariés sont donc très remontés et racontent ironiquement comment le gouvernement met en scène sa prise de conscience et son action. Apparemment, c’est simple comme un coup de fil de Bruno Lemaire, « l’homme qui murmure aux oreilles des patrons » : tout à coup le ministre s’émeut, décroche son téléphone, et l’affaire est quasi réglée. Carlos et Carlos (Ghosn et Tavares) les deux PDG milliardaires ont promis d’augmenter leurs commandes. Bel exemple de solidarité de classe, lorsque le ministre obtient avec une telle facilité des patrons qu’ils calment la gronde sociale...

Mais cela ne suffit pas à rassurer vraiment les salariés, qui savent qu’après la fin du mois de mai, les salaires ne seront plus payés et qui réclament 6 mois de sursis pour éviter la liquidation. La principale menace qui pèse aujourd’hui est que le tribunal leur refuse ce délai et ne leur laisse qu’un mois, ce qui conduirait tout le monde au chômage. La décision sera rendue demain. Et les salariés sont prêts à continuer la lutte sous d’autres formes et à durcir le ton si la réponse ne convient pas.

Photo : Pascal Lavalette




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