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Politique

Un camouflet pour la direction

Référendum d’Air France : accord rejeté par les salariés, le PDG démissionne

Les résultats sont tombés : 55% des salariés ont refusé l’accord proposé par la direction dans un contexte où la grève se poursuit. Le PDG d’Air France – KLM, Jean-Marc Janaillac, vient d’annoncer sa démission.

Il avait de lui-même mis sa démission dans la balance, manière de mettre sous pression les salariés du groupe appelés à voter l’accord proposé par la direction par référendum. L’annonce de la démission de Jean-Marc Janaillac n’est donc que la suite logique : les salariés ont rejeté l’accord sans appel avec un taux de 80,33% de participation.

Il faut dire que l’accord proposé par la direction était au mieux un camouflet. Alors que, après avoir saigné les conditions de travail des salariés durant des années, l’entreprise affiche des profits record. Elle proposait une hausse des salaires de seulement… 7% sur 4 ans. Très loin de l’augmentation de 67% touchés par 14 dirigeants au mois de février. Les syndicats demandent, eux, une revalorisation immédiate de 6%.

Cette décision est aussi un camouflet pour le leader de la CFDT, Laurent Berger, qui avait assimilé les grévistes d’Air France à des « preneurs d’otage » quelques jours plus tôt et avait appelé à valider la consultation des salariés.

Le PDG du groupe, dans son allocution annonçant sa démission, a assuré que « ce serait un suicide d’accepter les exigences des salariés ». Effectivement, ces augmentations ne sont pas du goût des actionnaires du groupe dans un contexte où la grève leur a déjà fait perdre près de 300 millions d’euros, preuve que ce sont bien les travailleurs qui produisent les richesses du groupe.

La direction du groupe est donc désormais au pied du mur. Le conflit se radicalise et cela n’est pas non plus une bonne nouvelle pour le gouvernement, dans le contexte où la grève des cheminots continue. Une bonne occasion pour passer à la vitesse supérieure, durcir le conflit et renverser le rapport de forces.

Crédit photo : ERIC PIERMONT / AFP




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