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Réforme du lycée : des « personnels à limiter » pour la rectrice de Lille

La réforme du lycée ne sera effective qu'à la rentrée 2019-2020 mais elle se prépare déjà dans les établissements. Outre l'instauration d'un lycée modulaire qui forcera les élèves à choisir une orientation de manière précoce dès la seconde, c'est la réduction des personnels qui est directement visée. La rectrice de Lille ne s'en cache pas dans sa lettre adressée aux chefs d'établissements.

Le détail de la réforme est expliqué de manière technique dans la lettre que la rectrice de Lille adresse aux proviseurs des lycées généraux et technologiques publics et privés sous contrat de l’académie. Aucun mot sur les effets désastreux de cette réforme concernant les conditions d’enseignement de plus en plus difficiles, ni sur la véritable sélection sociale que cette refonte totale du lycée va instaurer pour les élèves, sommés d’anticiper leur avenir dès l’âge de 15 ans...

Mais ce qui fait encore plus froid dans le dos dans cette lettre, c’est la manière dont, sans complexe et avec un art de l’euphémisme bien mesuré, on évoque sans broncher la réduction des postes. En effet, après avoir défini chaque spécialités et options pour chaque établissements, la rectrice enjoint de « prendre en compte les contraintes suivantes » parmi lesquelles, « les conséquences sur les personnels à limiter ».

« Limiter les personnels », voilà bien une manière administrative de parler et de masquer la réalité des faits et des impératifs de réduction de poste que Macron et Blanquer veulent nous imposer. Après les 2600 suppressions prévues dans le budget 2019, la saignée ne fera que croître dans les années à venir. Dans cette formule, on comprend, à demi-mot, qu’il s’agit de réorganiser les services des enseignants titulaires, et de licencier les enseignants contractuels, qui ont constitué, ces dernières années, une part non négligeable des effectifs enseignants. Avec les chiffres de réduction avancés par le Ministère, on sait d’ores et déjà, qu’ils constitueront la véritable variable d’ajustement de cette saignée. Mais la formule n’exprimerait-elle pas aussi la volonté de « limiter les personnels » pour des raisons personnelles, syndicales, d’engagement dans des mobilisations ou de participation à des grèves ? C’est ce qu’on a vu dans des établissements où certains collègues se sont vus, suite à leurs engagements dans des mobilisations l’année passée, arbitrairement retirés des charges d’enseignements désirées, leurs vœux non pris en compte, ou encore des primes les concernant malencontreusement « oubliées » par le chef d’établissement. Dans le contexte d’un renforcement de l’autorité du chef d’établissement, et des préconisations du rapport Cap 2022 concernant la sélection des personnels par ces derniers, cette interprétation n’a rien de fantasque.

Aussi, contre la politique des « personnels à limiter », c’est à un appel clair à la mobilisation qu’il faut que la fonction publique, et en particulier les enseignants, répondent le 9 octobre et le 12 novembre, dans l’optique de construire un plan de bataille conséquent contre ce gouvernement qui entend détruire le service public.




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