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Rapport Spinetta

Réformes à la SNCF. La CFDT cheminots appelle l’interfédérale à la grève reconductible

Dans un communiqué publié ce 22 février, la CFDT Cheminots appelle à la grève reconductible. La raison ? La volonté du gouvernement de faire passer les réformes du ferroviaire par ordonnances coupe court au « dialogue social ».

La nouvelle a de quoi surprendre, tant la CFDT nous avait habitués ces dernières années à une politique de relais des réformes patronales, de la loi travail 1 à la version XXL. A ce jeu là, la CFDT cheminots n’était d’ailleurs pas en reste, allant jusqu’à organiser un colloque avec le gratin du patronat du transport public le 14 décembre dernier.

Pourtant, le communiqué de ce 22 février est on ne peut plus explicite. « La CFDT Cheminots proposera lors de l’interfédérale du 22 février 2018, à toutes les organisations syndicales présentes, le dépôt d’un préavis de grève reconductible. » Ce qui pousse la CFDT à passer « à l’action » est tout aussi explicite : le recours aux ordonnances pour imposer les réformes ferroviaires préconisées par le rapport Spinetta « est exactement contraire aux valeurs de négociations de la CFDT. » Ainsi, c’est au nom d’un « dialogue social bafoué » que la CFDT montre les crocs.

Pour le gouvernement, cette annonce est toutefois inquiétante tant la CFDT s’est montré précieuse, sous Hollande comme sous Macron, en termes de division des forces lors de mobilisations d’ampleur contre les contre-réformes libérales. A travers cet appel à la grève reconductible, la CFDT vient fragiliser le contrôle qu’a la SNCF sur les nombreux cadres qui servent souvent d’appui à la direction pour remplacer les grévistes comme en 2014 ou en 2016. Une menace d’autant plus sérieuse alors que des mouvements de contestation secouent les milieux hospitaliers et universitaires, que la colère monte chez les cheminots et les usagers et qu’une date de mobilisation nationale de l’ensemble de la fonction publique est plantée dans le décor, le 22 mars prochain, en plus de la mobilisation pour le même jour chez les cheminots, appelée d’ores et déjà par la CGT, Sud Rail et FO cheminots.

Ce que l’on peut dire, c’est que cette communication de la CFDT met sous pression son principal concurrent électoral, à savoir l’UNSA, qui n’a toujours pas exprimé d’appel à rejoindre le front de lutte dans la rue ; mais aussi la CGT, après les déclarations de Philippe Martinez affirmant que « les trains rouleront au printemps » et qui n’a pas encore osé parler de grève et encore moins de reconductible, préférant pour le moment parler uniquement de manifestation.
Les organisations syndicales de la SNCF, qui vont se réunir ce soir en intersyndicale pour discuter de l’inquiétante situation et des attaques annoncées par le gouvernement, ont le devoir de discuter et de proposer, à l’ensemble des cheminots mais également aux usagers, un véritable plan de bataille pour mettre en échec le plan du gouvernement. La politique de journées de grève et de manifestations saute-mouton a déjà démontré son impuissance pour contrer les précédentes réformes. Et l’appel à une manifestation isolée, sans même un appel clair à la grève au niveau national, ne suffira pas pour faire reculer le gouvernement. Une mobilisation massive et dans la durée que Guillaume Pépy, PDG de la SNCF et adepte de la méthode Coué, estime aujourd’hui peu probable est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. La suite consistera à savoir sur quelle base revendicative se construira l’unité, entre les syndicats appelant à l’abandon pur et simple du rapport Spinetta et la CFDT qui se disait prête à discuter sur plusieurs éléments du rapport. Pour ce faire, il apparaît comme indispensable de préparer les différentes actions et grèves montant crescendo jusqu’au 22 mars, véritable point d’appui pour la suite et pour la mise en place d’un rapport de force à même de faire reculer Macron et ses sbires. Espérons qu’à travers les appels à la riposte de la CGT, Sud Rail, FO cheminots et maintenant de la CFDT, un calendrier unitaire et combatif sera mis en place pour permettre la réussite de la grève sans multiplier les grèves isolées.




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