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Monde

Tension entre l’Ukraine et la Russie

Regain de tension avec la Russie, le parlement ukrainien vote la loi martiale

Le parlement ukrainien a voté la loi martiale. Sont concernées seulement certaines régions frontalières. Ce vote a lieu suite à l’incident entre les flottes ukrainiennes et russes dans le détroit de Kertch au large de la Crimée, dimanche dernier.

C’est du jamais vu depuis l’indépendance de cette ex-République soviétique en 1991. Même aux pires heures du conflit dans le Donbass, en 2014-2015, l’Ukraine n’avait pas franchi ce pas. La loi martiale a été approuvée ce lundi lors d’une session extraordinaire du Parlement par 276 votes « pour », contre trente, au terme de débats houleux. Le texte adopté permet pendant un mois, de mobiliser les citoyens, de réguler les médias et de limiter les rassemblements publics. Cela dans un pays où nombre d’activistes dénoncent déjà des abus de pouvoir, à commencer par la surveillance de journalistes ou les entraves posées au travail de militants actifs dans la lutte contre la corruption.

Le Conseil de Sécurité Nationale avait proposé une extension de 60 jours pour cette mesure d’exception, mais des nombreux parlementaires, par crainte d’une manœuvre du président Petro Porochenko pour repousser les présidentielles, s’y sont opposés. Finalement le Président a dû céder, en acceptant de diviser par deux la durée de la loi martiale, ce qui garantirait le lancement de la campagne électorale pour la présidentielle le 31 décembre prochain, en vue des présidentielles du 31 mars 2019.

La loi martiale, votée le lendemain de l’incident maritime avec la Russie, reste toutefois limitée aux régions frontalières de la Russie (Nord-Est et Est) et de la Transnistrie (Sud-Ouest) ainsi que les régions côtières du sud.

Un incident militaire inédit entre l’Ukraine et la Russie

Dimanche dernier, aux abords du pont de Kertch, qui relie la Crimée, annexée par Moscou, et le territoire russe, trois navires militaires ukrainiens ont été stoppés par la marine russe. L’un d’eux a été tamponné ; les deux autres ont été la cible des tirs avant d’être abordés par des commandos du FSB, les services russes de sécurité. Il y a eu six marins ukrainiens blessés et vingt-quatre autres capturés. Lundi, Moscou n’avait pas donné suite aux demandes ukrainiennes de rendre les bateaux saisis. Les marins prisonniers devaient comparaître devant un tribunal russe mardi.

Bruxelles, Paris, Berlin et l’Otan appellent à une désescalade du conflit et à la libération des navires ukrainiens. Moscou continue d’accuser les Occidentaux d’être de mèche avec Kiev pour, justement, raviver les tensions.

Une Russie qui défend ses positions

Le détroit de Kertch, qui sépare la Crimée de la Russie, devait tôt ou tard devenir le théâtre d’une confrontation ouverte. Un accord de coopération signé en 2003 par Moscou et Kiev prévoyait le passage libre des navires des deux pays et l’accès aux ports de Russie et d’Ukraine pour les bateaux étrangers. Avec l’annexion de la Crimée en 2014, Moscou contrôle désormais les deux rives.

Les tensions sont montées d’un cran depuis l’inauguration en mai dernier du pont de Kertch, un ouvrage de 19 km qui relie la terre ferme russe avec la péninsule de Crimée. Dès lors, Moscou a systématisé les inspections des navires commerciaux, une façon d’affirmer son pouvoir sur ce territoire, qui autrefois, comme toute l’Ukraine, était sous son influence politique et militaire . Visée dans les documents de défense américains comme l’un des principaux dangers pour la sécurité des États-Unis, la Russie est obligée d’essayer de conserver sa zone d’influence dans l’espace ex-soviétique, un terrain sur lequel elle a connu depuis 2014 un recul majeur, en perdant la main sur une grande partie du territoire ukrainien, jusqu’alors sous son influence




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