Politique

Le FN en tête de l’extrême droite

Régionales. Le FN a le vent en poupe

Publié le 4 décembre 2015

Julian Vadis

Alors que la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie semble promise à Marine Le Pen, le FN se retrouve en tête des intentions de vote à échelle nationale, avec 30% des voix, et pourrait se retrouver en tête dans 6 régions au soir du premier tour, avec de réelles chance de victoire en Provence-Alpe-Cote-d’Azur et en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Selon un sondage de l’Institut Ipsos, le FN est donné en tête du premier tour dans six régions : PACA, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté. Ayant, selon ce même sondage, une base électorale plus mobilisée pour ces échéances régionales, avec 58% de mobilisation, que Les Républicains (55%) et le PS (50%), le Front National pourrait bien, au soir du 13 décembre prochain, se retrouver à la tête de 3 régions : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpe-Cote-d’Azur et en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne tandis que la Bretagne, l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées semblent promises au PS et que l’Ile de France, les Pays de la Loire et la Corse seront très certainement sous juridiction de la droite et du centre. Enfin, un duel indécis PS/LR est annoncé en Bourgogne-Franche-Comté, en Normandie ou encore en Auvergne-Rhône-Alpes. Il n’empêche que selon un sondage Odexa paru vendredi soir, le FN sera en tête au premier tour sur l’ensemble du territoire (30%), devant Les Républicains (29%) et le PS (22%). Une hausse de 4 points pour le parti d’extrême droite depuis le mois de septembre.

Le FN est, avec Hollande, le grand gagnant des événements du 13 novembre dernier
Si le président Hollande a vu sa côte de popularité monter en flèche (+ 22%) suite aux réformes exceptionnelles appliquées, telles que l’état d’urgence et la posture guerrière sur fond de recherche d’une coalition internationale large, le Parti Socialiste ne semble guère bénéficier de cette hausse sur le court terme. A l’inverse, le glissement à droite de l’ensemble de l’échiquier politique, l’application du programme sécuritaire du Front National par le gouvernement Valls et la répression dans les quartiers populaires et des masses laborieuses, accompagnés de discours xénophobes et réactionnaires, permet au parti d’extrême droite de tirer un bénéfice chaque jour plus conséquent des événements de novembre.

Sur fond d’état d’urgence et de politique va-t’en-guerre, l’ensemble de la classe politique - car ils ont tous voté la prolongation de l’état d’urgence, y compris le Front de Gauche- suit le glissement nationaliste, sécuritaire et liberticide. En somme, le terrain de jeu favori du FN, qui profite de l’aubaine pour capitaliser les effets sociaux et politiques d’un état d’urgence qu’il aurait très bien pu être appliqué à la lettre, tant la vague islamophobe et anti-migrant ainsi que les ratonnades dans les quartiers populaires leur tiennent à cœur. Il y a donc fort à parier que le FN fera de gros scores lors des élections régionales de 2015, des scores historiques même. Alors que le PS ne cesse de crier au loup, jouant comme à son habitude le jeu du « Front républicain » contre le FN, ce sont bien les politiques du gouvernement qui font le lit du FN.