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Politique

Trois salaires et de gros bonus

Renault. Carlos Ghosn s’offre un cadeau de Noël de 6,4 millions d’euros

Tout le monde le sait : le père Noël gâte les enfants sages. Quelques jours après la fête chrétienne, alors que chacun parle de ses cadeaux avec ses amis, on découvre quelques surprises… surtout lorsqu’elles se glissent chez les chefs d’entreprises. Pour ce Noël 2016, Carlos Ghosn, triple PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi s’est offert une petite prime à 6,4 millions d’euros en stock-options. Une somme exorbitante quand on se rappelle de son travail acharné à licencier et à précariser les ouvriers de Renault.

C’est le genre de cadeau que le travailleur moyen ne trouve pas au bas de son sapin : le PDG de Renault a exercé dernièrement 132 270 options d’achat («  stock options ») de titres Renault, à 37,43€ par action, alors que la valeur boursière de cette même action est cotée 85,80€ en bourse, soit un joli bénéfice de 6,4 millions d’euros qui vont directement dans les poches de Carlos Ghosn.

Le principe est le suivant : à la signature d’un contrat de travail (les PDG n’ont pas les mêmes que les nôtres…), l’employeur peut définir des stocks options, c’est à dire donner au salarié une option d’achat future des actions de la boîte, sauf que cet achat se fera au cours (au prix) de l’action du moment de signature du contrat. En d’autres termes, on vous propose un certain intéressement sur les cours de l’action de l’entreprise. Par exemple, M. Durand signe un contrat incluant 100 options d’achat dans un an alors que le cours de l’action est à 25€. Un an plus tard, quel que soit le cours de l’action, il pourra acheter 100 actions au prix de 25€ et les revendre à son cours actuel. Imaginons qu’un an après le dit contrat, les actions soient cotées en bourse à 35€. Le larron fera 10€ de bénéfice par action, soit 1000€ au total. Sauf que dans le cas présent, il s’agit de 132 000 options d’achat et que le bénéfice par action est de presque 50€, soit un joli pactole de 6,4 millions d’euros.

Une indécence vis-à-vis de tous les salariés, pour celui qui a annoncé récemment qu’il allait toucher un troisième salaire au titre de PDG de Mitsubishi, alors que son salaire annuel avoisinait déjà les 16 millions d’euros. Alors oui, Carlos Ghosn a été « sage » du point de vue des actionnaires : 6200 postes supprimés depuis 2013 ; un nombre de CDI en baisse au profit d’intérims et de CDD. Une autre vague de suppressions de postes est en outre prévue d’ici 2020 grâce à l’accord de compétitivité récemment signé, qui a introduit de nombreuses mesures particulièrement dures pour les travailleurs : voilà le bilan, évidemment mirifique du point de vue du capital, que propose Carlos Ghosn.




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