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Renault Sandouville. Poussé à bout par sa hiérarchie, un salarié tente de se suicider

Lundi après-midi, un salarié de l'usine Renault de Sandouville près du Havre a tenté de se suicider sur son lieu de travail. Il met en cause directement sa hiérarchie.

Le salarié, âgé d’une quarantaine d’années, père de famille, en CDI chez Renault, a été poussé à bout par sa hiérarchie. A tel point que, ce lundi après-midi, il avait décidé d’en finir. Il laisse un mot incriminant directement deux de ses supérieurs hiérarchiques, dont son chef d’atelier, puis se pend sur son poste de travail. Des collègues ont immédiatement accouru pour le relever et couper la corde. Le salarié secouru a ensuite été pris en charge par les Sapeurs-Pompiers puis a été admis au service psychiatrique du centre Pierre Janet du Havre. « Aucun chef n’a appuyé sur l’arrêt d’urgence pour suspendre la chaîne de montage  » explique Nicolas Guermonprez, secrétaire CGT à Renault-Sandouville. A croire que ces derniers avaient enfin ce qu’ils souhaitaient.
À la demande de la CGT, un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire s’est réuni ce mercredi 5 avril 2017 à 15h30, en présence de l’inspection du travail. Une procédure juridique de danger grave imminent a été déposée auprès de la direction.
Nicolas Guermonprez met en avant que le syndicat a «  assez d’éléments pour prouver un fait de harcèlement à son encontre. » Ce n’est pas un cas isolé puisque selon lui « aujourd’hui, c’est l’ambiance générale de l’entreprise qu’on remet en cause. Nous avons eu 640 accidents de travail l’an passé. Le geste est là. La direction devra prendre ses responsabilités ».

Ce n’est pas la première fois que la direction de Renault est mise en cause lors de suicide d’ouvriers. En 2013, c’est à l’usine Renault-Cléon, près de Rouen, qu’un ouvrier s’est suicidé dans la nuit de dimanche à lundi 22 avril sur son lieu de travail. Il avait laissé une lettre dans laquelle il dénonce « pression » et « chantage » de la part du groupe. La CGT a effectivement confirmé qu’il « faisait l’objet de pressions de la direction depuis qu’il avait pris activement part aux grèves contre le projet d’accord compétitivité-emploi ». La direction le menaçait entre autres de le basculer en équipe de jour, ce qui par ce biais aurait drastiquement diminué son salaire.

Ces deux tristes cas ne sont malheureusement pas isolés dans cette société où les entreprises sont prêtes à toutes les manœuvres les plus écœurantes et destructrices envers les travailleurs pour augmenter leurs profits. On l’a constaté à France Télécom. On le constate à La Poste et ça commence à s’accentuer à la SNCF. Il est temps que tout cela change...




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