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Politique

Loi travail XXL

Rendez-vous avec Macron : une « bonne nouvelle » pour Martinez ?

Le leader de la CGT a qualifié son rendez-vous avec Macron de « bonne nouvelle ». Pourtant, le gouvernement semble n’avoir pas bougé d’un pouce sur sa volonté de casser le code du travail à coups d’ordonnances durant l’été, ce qu’il a d’ailleurs réaffirmé dans la journée.

A sa sortie de son rendez-vous avec le nouveau président de la République, Martinez semblait satisfait. « Une bonne chose » selon lui car « le calendrier a l’air d’avoir bougé (...) J’ai cru comprendre que l’agenda rapide qui était prévu n’est pas aussi rapide que ce que j’avais cru comprendre ». Des propos qui ont surpris les journalistes présents qui se sont empressés de lui demander le nouveau calendrier et la date des prochaines réunions. Ce à quoi Martinez a répondu de manière évasive : « L’échéance de fin août ou du 1er septembre a l’air plus floue ».

Des hésitations du leader de la CGT qui s’expliquent par le fait que le gouvernement ne semble en réalité pas avoir bougé d’un pouce, ni sur le calendrier, ni sur le contenu de la réforme ni même sur le passage en force par les ordonnances, Martinez s’étant par ailleurs abstenu de faire mention de cette dernière question. Après les déclarations de la CGT, Emmanuel Macron a d’ailleurs confirmé le calendrier resserré de sa réforme du Code du travail, avec une « grande concertation » jusqu’à mi-juin, une loi d’habilitation à légiférer par ordonnances « durant l’été », puis une loi de ratification des ordonnances « courant septembre ». Autrement une casse du code du travail en règle, avec notamment l’ouverture de négociations au niveau de l’entreprise sur le temps de travail et les heures supplémentaires, et de manière express.

Dans ce contexte, les déclarations de Martinez sont d’autant plus étonnantes. Celui-ci est même allé jusqu’à ouvrir le spectre d’une « négociation » : « Certains sujets méritent plus de débats qu’une demi-heure sur un coin de bureau. J’ai cru comprendre qu’il était d’accord avec moi en matière de délais de négociation, mais c’est lui le président, pas moi » tout en appelant à une négociation « loyale », où on ne doit « pas découvrir des textes dans la presse ». Et ce alors même que Macron n’a jamais parlé d’une quelconque « négociation » mais d’une vague « concertation » - par ailleurs prévue par la loi Larcher du 31 janvier 2007 - avant le passage en force par ordonnances. Mais surtout, on a du mal voir ce qui pourrait être « négocié » dans ce projet de casse sans précédent du code du travail.

En réalité, la « concertation » ouverte par Macron sert surtout d’écran de fumée pour noyer le poisson afin d’obtenir une majorité parlementaire aux élections législatives et éviter tout départ d’une mobilisation avant d’entamer son projet de casse de code du travail dès cet été. Non, aucune négociation n’est possible avec l’ex-banquier de Rothschild et son gouvernement de combat.

Seule une mobilisation d’ampleur pourra venir à bout de son projet de casse du droit du travail. D’autant plus que les éléments de résistance sont déjà présents ici ou là. A l’image des milliers de personnes qui ont défilé à l’appel du Front Social dès le lendemain des élections au cri de « Macron, un jour, ça suffit ! », et qui prévoient de remettre le couvert le 10 juin. Mais aussi des résistances ouvrières qui s’expriment ici ou là, comme lors du rassemblement très réussi en soutien aux GM&S, sous le slogan de « Aucune usine ne doit fermer ! ». Pour combattre Macron et sa politique pro-patronale, c’est d’un vrai plan bataille que les travailleurs ont besoin, sur la base de mots d’ordre qui permettent d’entrainer largement. De ce point de vue, le rendez-vous avec le président - et la réaction de Martinez en sortant – sont plutôt une mauvaise qu’une « bonne nouvelle ».

Photo : Michel Euler / AFP




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