Politique

Quand Hollande prépare le mandat de la droite

Contrôle social : « super-contrôleurs » pour les chômeurs, des contrôles renforcés pour les fonctionnaires !

Publié le 11 novembre 2016

Alors que les profits du CAC40 ont le vent en poupe, flirtant avec ses plus hauts niveaux annuels, et que l’exil fiscal bat son plein, le gouvernement et ses députés ont décidé de s’attaquer directement à la « fraude ». Qu’on se rassure, ce n’est pas au patronat qu’ils s’attaquent mais aux fonctionnaires et aux chômeurs. Coup sur coup, ce sont 200 postes de super-contrôleurs chargés de traquer la fraude des chômeurs ainsi que le renforcement du contrôle des arrêts de travail pour les fonctionnaires qui ont été décidés. Que l’on ait un emploi ou pas, décidément, le flicage social est partout !

Boris Lefbvre

Il y a quelques semaines, Pôle emploi dévoilait que, depuis cet été, des équipes de super-contrôleurs sont chargées de traquer les chômeurs qui ne consacreraient pas l’intégralité de leur temps à chercher des emplois qui n’existent pas. Cette mesure est censée juguler la « fraude » des chômeurs, une façon en réalité d’assimiler les chômeurs à des fraudeurs pour mieux justifier ses attaques contre le régime d’assurance chômage. Ces équipes ont donc pour fonction de traquer les chômeurs qui rechignent à reprendre une activité salariée. Or, on sait que les perspectives sont bouchées pour la majorité des travailleurs au chômage, notamment quand il est de longue durée. Cette innovation de Pôle emploi n’a pas d’autre fonction que de précariser encore plus ceux qui sont victimes des licenciements, en accélérant leur radiation des listes de chercheurs d’emploi. En plus de faire des économies de bouts de chandelle, une telle pratique permet de faire baisser artificiellement les chiffres du chômage. Double gain pour le contrôle social, plus de précarité pour les plus démunis.

Mais la guerre n’est pas seulement déclarée aux chômeurs, elle l’est aussi aux fonctionnaires, qui se doivent d’incarner l’exemplarité selon la députée Annick Girardin. Quand un gouvernement lui-même au-dessus de toute critique se permet de parler d’exemplarité on ne peut que craindre le pire. Ainsi, l’absentéisme des fonctionnaires, élevé au rang de « plaie » par Alain Tourret, n’est absolument pas conçu comme la suite logique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux à leur départ à la retraite ou comme la conséquence nécessaire de la casse des services publiques... Les arrêts de travail seront donc désormais beaucoup plus encadrés qu’ils ne le sont déjà. Les employeurs publics pourront faire appel aux médecins-conseils de l’assurance maladie en plus des médecins agrées par l’administration. Le pouvoir des employeurs de la fonction publique sera donc augmenté et ce ne sont pas les quelques bilans de prévention des risques et de la pénibilité qui vont adoucir ce contrôle social renforcé.