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Notre classe

Lutte des classes

Réponse à Bruno Le Maire : c’est la politique anti-sociale de PSA qui tue l’emploi des salariés de GM&S, pas le blocage de Sept-Fons !

Les chiens de garde sont de sortie : après l’annonce hier matin que plus de 150 salariés de l’équipementier GM&S bloquaient le site de Sept-Fons dans l’Allier, Bruno Le Maire et Le Figaro ont commencé une campagne pour affaiblir les salariés en lutte. Derrière ces déclarations, des intérêts qui sont tout simplement antagonistes.

crédit photo : Thierry Zoccolan / AFP

Dans une longue interview donnée au journal libéral La Tribune, Bruno Le Maire exprimait son vœu le plus cher : « sortons une fois pour toutes de la lutte des classes ! » s’exclamait-il avec enthousiasme. Sauf la lutte de classe s’est brutalement rappelé à lui pendant son interview avec les journalistes qui suivent le CAC40 minute par minute. Et c’est l’actualité qui lui a rappelé cette brûlante actualité : mercredi matin, les salariés de GM&S, qui risquent de perdre plus de 160 emplois, ont décidé de bloquer le site de Septfons, dans l’Allier, pour durcir le rapport de force afin de garantir au maximum la pérennité des emplois et d’obtenir une prime supralégale de licenciement pour celles et ceux qui iraient au chômage. Au moment où Bruno Le Maire aimerait que tous les salariés aillent signer un mot d’amour aux patrons qui les traitent comme des chiens, ces mêmes salariés viennent tout simplement bloquer un site de production du plus gros constructeur automobile français. Car pour Bruno Le Maire, « sortir de la lutte des classes », ce n’est pas sortir des antagonismes inéluctables de la société, mais c’est bien acter la soumission de tous les ouvriers et précaires et le soumettre à une exploitation encore plus féroce, grâce à des réformes plus antisociales que jamais.

C’est le sens des déclarations de Bruno Le Maire appelant à lever le blocage du site, qui est pour lui « une condition de reprise du dialogue ». Un dialogue qui dure maintenant depuis plus d’un mois et demi et qui n’a rien apporté aux salariés, si ce n’est des espoirs déçus. Car l’Etat et les grands groupes industriels n’ont que faire des « dialogues », des exhortations, des « cris d’alertes » ; ils ne comprennent qu’un langage, celui du portefeuille. Et c’est bien le portefeuille que les salariés de GMS attaquent en bloquant Sept-Fons. Lorsqu’ils avaient bloqué le site de Poissy plus tôt dans l’année, c’étaient près 18 000€ qui étaient perdus par minute pour le constructeur. C’est donc le seul moyen pour les salariés d’obtenir des avancées sur l’emploi et leurs conditions de travail et l’exemple que nous donne GM&S est aujourd’hui salutaire : le dialogue ne doit reprendre que lorsque les salariés auront obtenu satisfaction sur leurs revendications, car, comme nous confiait un salarié de GM&S : « quand Bruno Le Maire appelle un salarié personnellement pour lui dire qu’il ne faut pas bloquer, cela veut dire que vous êtes sur la bonne voie ».

Dans cette bataille entre le patronat et les ouvriers, force est de constater que tous les syndicats ne défendent pas les salariés de la même façon. En effet, Force Ouvrière, particulièrement installé à PSA Sept-Fons, a édité un tract à destination des salariés de Septfons qui le place tout simplement du côté du patronat. A lire le tract, on a l’impression que c’est FO qui négociait avec les salariés de GM&S tant le ton est pro-patronal : « notre fidélité de PSA envers GM&S ne peut pas être blâmée, ce qui rend cette « agression » d’autant plus injuste, alors que la priorité devrait être le rétablissement de la confiance entre un fournisseur et son client » écrit le « syndicat »… Dans le même tract, le syndicat défend « la liberté de travail », un argument systématiquement remis sur la table par les briseurs de grève et les gouvernements de tous bords. A PSA Sept-Fons, dans l’Allier, se jouaient ces eux derniers jours l’avenir de GM&S : le blocage de l’usine est le seul moyen d’obtenir une amélioration des reprises de postes, et ni FO-métaux, ni la direction de PSA ni le gouvernement n’entameront la détermination des salariés.




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