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Jeunesse

Ferme-la si tu veux un job !

Répression à Sciences Po Rennes : 2 étudiantes mobilisées perdent leur emploi !

Alors que des dizaines de cheminots sont persécutés par la direction de la SNCF depuis la fin de la bataille du rail, chez les étudiants aussi, la chasse aux sorcières va bon train. A Sciences Po Rennes, deux étudiantes n’ont pu débuter leur nouveau job étudiant lors de cette rentrée… la faute à la mobilisation du printemps dernier.

A Sciences Po Rennes, l’an passé, la mobilisation contre la loi ORE a pris une ampleur inédite avec notamment une occupation de plus de 10 jours. A cette époque, la direction faisait déjà le choix du tout répressif faisant appel à une compagnie de CRS pour déloger une quinzaine d’étudiants qui occupaient leur bibliothèque depuis moins d’une heure. Visiblement, l’acharnement se poursuit contre ceux qui ont lutté, cette fois sur le plan administratif et du porte-monnaie... Nous relayons ici un communiqué des étudiants mobilisés de Sciences Po Rennes :

DE LA MOBILISATION A LA PERTE DE SON TAF, POURSUITE DES REPRESAILLES A SCIENCES PO RENNES

Au printemps 2018, la mobilisation à Sciences Po Rennes a pris une ampleur inédite et une grande majorité d’étudiant a pris l’habitude de se réunir en assemblée générale. L’établissement a été occupé pendant une longue période et de nombreux blocages ont ponctué les journées de manifestations nationales. En cette rentrée 2018, l’agitation a repris au grand désespoir de l’équipe de direction qui pensait en avoir fini avec ce qu’ils ont qualifié des « événements de mai 2018 ». L’assemblée générale de rentrée, prévue dès l’année dernière, s’est tenue et a voté l’occupation d’un local de lutte. La direction, décidée à ne plus laisser faire, a commencé la répression administrative. C’est cet engagement qui a coûté à deux camarades, leur emploi étudiant.

La bibliothèque universitaire a effectué son processus de recrutement pour la rentrée 2018 dès le printemps dernier. Celui-ci s’est déroulé de manière usuelle : lettres de motivation, entretien, envoie des pièces nécessaires à la production d’un contrat de travail. Ainsi, depuis avril dernier, nos deux camarades ont eu une promesse d’embauche, mails à l’appui. Ces contrats de moniteurs étudiants couvrent 5 heures par semaine, sont payés au SMIC horaire (soit environ 170 € mensuels) et doivent être renouvelés chaque semestre.

Au cours d’une réunion avec la direction, dans le cadre de la négociation pour obtenir un local de lutte, une des camarades est identifiée à haute voix comme « celle qui veut travailler à la bibliothèque ». La semaine suivante les deux étudiantes apprennent de manière informelle par un membre du personnel que leurs postes sont supprimés. Les raisons évoquées restent floues : « restrictions budgétaires, sécurité et restructuration des services. » Leur discours change en quelques jours : le jour supposé de leur embauche, un mail est envoyé aux promotions de 4ème et 5ème année, les invitant à postuler aux deux postes de moniteurs étudiants. Il est

précisé qu’il s’agira d’un recrutement « ouvert et transparent » avec une priorité donnée aux boursiers, pourtant l’étudiante identifiée personnellement ne le reçoit pas.

La répression politique a débuté au printemps 2018. Les CRS étaient intervenus à deux reprises, à la demande de la direction. Désormais elle se poursuit au niveau administratif. L’IEP est une entreprise comme une autre qui use et abuse de techniques managériales pour faire taire toute contestation. La répression ne touche plus seulement des individus en tant qu’étudiant mais aussi en tant que travailleur. Cette affaire créé un précédent concernant l’ensemble du personnel, particulièrement celles et ceux sous contrat précaire, cela acte qu’aucun discours dissonant ne sera plus toléré. Tout écart critique sera sanctionné, menaçant directement des emplois. De plus des pressions individuelles poussant à la dissociation sont exercées par la direction sur des étudiants mobilisés, le personnel ou des professeurs. Nous avons conscience qu’il s’agit d’isoler pour mieux régner. Nous appelons donc à un soutien massif face à cette répression politique.

ORGANISONS-NOUS POUR POUVOIR CONTINUER A LUTTER DANS NOS LIEUX D’ETUDES ET DANS NOS LIEUX DE TRAVAIL !

Des camarades solidaires : Comité de mobilisation Sciences Po Rennes, Sciences Po Rennes en lutte, Assemblée Générale de Rennes 2, A$AP Révolution, IEPs en lutte, Changez l’IEP, Sciences Po Lyon en lutte, Sciences Po Toulouse en lutte, Jean Macé Mobilisé.

Solidarité face à toutes les formes de répression employées pour faire taire ceux qui luttent !




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