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Société

Un saut dans la répression ?

Répression des antifas. La police aurait saisi et détruit des livres : le retour des autodafés ?

Selon le Groupe Antifasciste Lyon et Environs, qui étaient perquisitionnés brutalement et mis en garde à vue ce mercredi, un certain nombre de livres pour la plupart critiquant le racisme et le fascisme auraient été saisis pendant la perquisition puis détruits. Un nouveau saut dans la répression qui, s’il est confirmé, illustre un pas de plus dans la restriction des droits démocratiques. Nous relayons ci-dessous l’appel à soutien des camarades ainsi qu’un post facebook de Yannis Youlountas.

Lien source vers le pot commun

Cher-e-s ami-e-s, camarades, sympathisant-e-s, que vous soyez contre l’extrême-droite ou attaché-e-s aux libertés publiques ; nous nous adressons à vous car nous avons besoin de votre soutien financier.
Des camarades antifascistes ont subi des perquisitions ce mardi 13 Novembre 2018, à 6h00 du matin, à leur domicile ou celui de leurs parents. Ils-elles ont été mis-e-s en garde à vue pendant 24h et ont été présenté-e-s devant un juge d’instruction le lendemain en fin de journée.
Ces gardes à vue ont été prononcées pour suspicions de :
· dégradation : comprendre ériger un mur devant la devanture d’un local néo-nazi « le pavillon noir », déclinaison locale du Bastion Social, organisation d’extrême-droite violente dont les agissements font régulièrement l’objet d’articles dans la presse.
· outrage : un tag critiquant la police quelques mètres en face de ce local.
· association de malfaiteurs : entendre que ces dégradations ont été faites avec préparation, à plusieurs.
Et un de nos camarades sera jugé pour refus de donner ces codes de cryptage et code PIN des téléphones et ordinateur.
Lors de ces perquisitions, les policiers se sont permis de prendre tout notre matériel militant. Ce sont des milliers d’autocollants, 600 badges, des centaines d’affiches, 4 drapeaux de notre organisation qui ont été pris et envoyés à la destruction.
Ils se sont permis de prendre tous nos vêtements qui pouvaient avoir de près ou de loin une connotation politique. Des t-shirts estampillés « antifa », avec un poing levé, nos t-shirts et sweat de soutien au comité Adama « vérité et justice pour Adama », ceux-ci envoyé aussi à la destruction.
Enfin, encore plus choquant, ils nous ont pris beaucoup de livres. Il est difficile pour nous d’établir une liste exhaustive. Des listes d’objets ont été soumises à la signature de nos camarades mais elles ne nous ont pas été communiqués par la suite.
Vu qu’il existe des personnes qui doutent de notre bonne foi tant ceci parait outrancier, voici les titres dont nous sommes sûrs qu’ils ont été pris et détruits, puisqu’ils étaient sur la liste des destructions et non sur celle des scellés. Veuillez noter qu’il peut y avoir jusqu’à 10 exemplaires de ces titres :
· Le théorème de la Hoggra de Mathieu Rigouste
· La domination policière de Mathieu Rigouste
· Permis de tuer du collectif Angles morts
· Comment la non-violence protège l’Etat de Peter Gelderloos
· La galaxie Dieudonné
· Aube Dorée le livre noir du parti nazi grec de Dimitri Psarras
· La commune du Rojava L’alternative kurde à l’État-nation par Collectif
· Le guide d’autodéfense numérique Edition Tahin Party
· Vengeance d’Etat - Villiers-le-Bel, des révoltes aux procès par Collectif Angles morts
· Pourquoi faut-il punir ? Par Catherine Baker
· L’homme et la terre de Elisée Reclus
· Pirhanas de Roberto Saviano. (Un roman qui n’a rien à voir avec tout ça, mais chose insolite il se trouve que l’auteur est très engagé contre le ministre de l’intérieur Matéo Salvini).

Entre le matériel militant, les vêtements et les livres, le préjudice financier se situe sans doute à plusieurs milliers d’euros.
A ceci devront s’ajouter les frais de justice : plusieurs avocats nous ont défendus et poursuivront le suivi judiciaire jusqu’à un hypothétique procès.
Nous tenons à préciser que la justice ne dispose d’aucune preuve qu’un quelconque délit ait été commis par nos camarades.
Toutes ces raisons nous obligent à ouvrir un pot commun pour faire face à cette répression.
Nous avons eu énormément de messages de soutien partout en France et en Europe de la part d’individu-e-s, groupes politiques ou associations.
Nous vous en remercions, ceci est très important pour nous, la solidarité est notre force et elle est une arme pour résister.
Leurs tentatives d’intimidations ne nous impressionnent pas, le combat du Groupe Antifasciste Lyon et Environs continue !
Nous continuerons de lutter contre l’extrême-droite, contre le recul de nos libertés, pour un monde sans frontières et pour plus de solidarité entre tous et toutes.




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