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Notre classe

Souffrance à l'hôpital public

Répression syndicale au CHU de Lille. 400 soutiens pour Isabelle et Frédéric

Cela devient une habitude : à l'issue des conflits, la direction du CHU de Lille réprime de plus en plus systématiquement les responsables syndicaux locaux. Ce mercredi 29 août, 400 personnes se sont rassemblées en soutien à Isabelle Bosseman et Frédéric Herrewin, convoqués à un entretien préalable à d'éventuelles sanctions disciplinaires.

Crédit photo : La Voix du Nord

Après neuf représentants du syndicat Force ouvrière, dont son secrétaire général, c’est au tour des deux secrétaires généraux CGT du CHU de Lille, Isabelle Bosseman et Frédéric Herrewyn : la direction les a convoqués à des entretiens « prédisciplinaires » - une mesure qui n’a pas de valeur légale, mais peut déboucher sur un passage en conseil de discipline. Ce qui leur est reproché ? Avoir pris part à des envahissements de réunions, par exemple celui d’un comité technique d’établissement (CTE) en décembre 2017.

Répression syndicale

Mais pour Isabelle et Frédéric, la manœuvre est claire : il s’agit, pour la direction, de réagir face à la mobilisation nombreuse des personnels lors des derniers conflits. Les deux militants dénoncent une répression qui s’exerce envers tous ceux et toutes celles qui luttent, syndiqués ou non : la direction du CHU a entrepris des poursuites non seulement envers eux et les militants de FO cités plus haut, mais aussi vis-à-vis d’autres travailleurs, des agents de stérilisation qui avaient fait valoir leur droit de retrait. Toutes et tous sont poursuivis individuellement, comme si c’était leur travail qui laissait à désirer – alors que c’est bien leur combativité qui dérange et pourrait, aux yeux de la direction, servir de ’mauvais’ exemple à leurs collègues.

Isabelle et Frédéric, pour leur part, réclament que la direction aille effectivement jusqu’au conseil de discipline, pour pouvoir défendre leur dossier et montrer qu’il s’agit bien de répression syndicale.

Un fort soutien des travailleurs et travailleuses de la région

A l’occasion de la convocation de Frédéric, ce mercredi, la CGT du CHU de Lille avait lancé un appel à la grève des hospitaliers. Un rassemblement a réuni 400 personnes, militants CGT et Sud, travailleurs et travailleuses des hôpitaux de Lille mais aussi de Valenciennes, de Dunkerque, de Seclin, du Havre où les hospitaliers étaient en grève en juin et juillet, et d’Amiens, où les travailleurs de l’hôpital Pinel sont en grève depuis le 15 juin. Des députés PC et FI, ont également fait le déplacement. Toutes et tous sont venus pour afficher leur soutien face à cette répression de l’action syndicale, et dénoncer fermement les poursuites entreprises contre deux travailleurs pour des actions qui ont engagé massivement les personnels. Les uns et les autres ont affirmé que bien qu’ils aient à faire face à des cas similaires de répression, ils étaient déterminés à poursuivre le combat pour la défense de l’hôpital public. Isabelle et Frédéric ont tenu à dire, pour leur part, qu’ils ne se laisseraient pas intimider par les poursuites, et que localement, les luttes ne cesseraient pas.

L’entretien de Frédéric n’a finalement pas eu lieu aujourd’hui. Les deux militants sont donc reconvoqués jeudi prochain. Un nouveau rassemblement est appelé ce jour là, à partir de 8h, devant les locaux de la direction des ressources humaines du CHR de Lille (2 av. Oscar Lambret, métro CHU-Eurasanté).

Dans un secteur de la santé où les coupes budgétaires s’accumulent, dégradant les conditions de travail et celles de prise en charge des patients, la mobilisation est plus que jamais nécessaire. A Paris, le 6 septembre également, les hospitaliers de Sainte-Anne appellent à la grève et à une manifestation à 13h au départ de l’hôpital.




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