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Politique

Rétablir l’ISF, augmenter le smic et ré-indexer pensions et allocations à l’inflation : 3 revendications des Gilets jaunes que devraient défendre tous les travailleurs

Le temps est figé. A quelques encablures du 8 décembre, rarement l’on avait vu le pouvoir politique aussi suspendu. Pour Macron, maintenant, le silence est d’or. Ce samedi 8 décembre, la parole est aux gilets jaunes, au monde du travail et à la jeunesse : rétablir l’ISF, augmenter le SMIC et ré-indexer pensions et allocations à l’inflation, trois des principales revendications des gilets jaunes qu’il s’agirait pour le monde du travail et la jeunesse de défendre en se joignant à cette colère légitime des manifestants qui font, aujourd’hui, trembler le pouvoir en place.

Le gouvernement tente de mettre les revendications des Gilets jaunes au second plan

Malgré un battage médiatique d’une ampleur rare, le mouvement des gilets jaunes reste largement soutenu par la très grande majorité de l’opinion publique avec près de 66% de soutien. Dans ce contexte, le gouvernement a mis en scène une scénographie digne des plus grands films de guerre. Et il l’applique dans la pratique en moyennant 89 000 membres des forces de l’ordre et 12 blindés. Plus encore, le gouvernement prévient qu’il est possible qu’il y ait même des morts. L’Elysée craint même « des gilets jaunes prêts à tuer ». Le scénario idéal pour faire en sorte que le mouvement des gilets jaunes ne soit plus, comme l’affirme L’Opinion, une « affaire de pouvoir d’achat » mais devienne une pure « contestation violente des institutions républicaines. » La manœuvre est claire : elle vise à faire passer les gilets jaunes pour des sanguinaires et reléguer les revendications au second plan.

Exiger le rétablissement de l’ISF, c’est la base

La suppression de l’ISF l’an dernier, comme une des premières mesures phares, a été l’un des marqueurs du quinquennat Macron. Ce sont ainsi près de 3 milliards d’euros qui ont été directement rendus aux ultra-riches gagnant plus de 1,3 millions d’euros par an. Dans le même temps, le gouvernement n’a eu de cesse d’enchaîner contre-réforme sur contre-réforme s’attaquant, entre autres, au code du travail, facilitant les licenciements, les coupes dans les APLS, la contre-réforme de la SNCF, la hausse de la CSG, s’attaquant ainsi aux plus précaires. Le rétablissement de l’ISF est devenu l’une des principales revendications des Gilets Jaunes, une revendication qui vise à prendre l’argent où il y en a, à savoir dans les poches des plus grandes fortunes, celles qui nous exploitent. Cette minorité des classes dominantes qui vit sur le dos de la grande majorité, les salariés.

Augmenter le smic pour toutes et tous !

L’une des principales mesures des gilets jaunes est l’augmentation du SMIC, le salaire des plus précaires. Ce dernier sous sa version Smic/horaire est celui qui indexe le travail à temps partiels qui est imposé le plus généralement aux femmes. Si les gilets jaunes veulent que le salaire minimum, reçu par environ 1,65 million de salariés, passe à 1 300 euros net contre 1 185 euros actuellement, c’est la base. Cela est d’autant plus urgent que selon une étude, entre 2008 et 2016, le revenu disponible moyen des ménages français a diminué de 440 euros annuellement. Une baisse de pouvoir d’achat qui touche d’autant plus les salariés au SMIC, les frais incompressibles comme le logement ou la nourriture ayant augmenté. En ce sens, ce dont il s’agirait, au minimum, pour rattraper le pouvoir d’achat sur les 10 dernières années, serait une augmentation du SMIC de 400 euros pour tous et indexé sur l’inflation !

Ré-indexer pensions et allocations à l’inflation !

Comme pour les salaires et le SMIC, l’une des principales revendications des gilets jaunes consiste à ce que les « retraites et les allocations » soient indexées à l’inflation. En effet, depuis le début du quinquennat, le gouvernement a choisi de désindexer les pensions et les aides sociales (APL, famille, prime d’activité, etc..) de l’évolution des prix à la consommation. Ce sont ainsi 3,5 milliards d’euros en 2019, près de 7 milliards en 2020, qui ont été coupés des personnes les plus exploitées et précaires. Les étudiants sont par ailleurs en première ligne dans ces attaques avec les multiples rabots contre les APLs alors que le prix des logements ne cesse de monter. Cette désindexation à l’inflation est une attaque de plus contre nos salaires. En ce sens, la revendication de l’indexation des pensions de retraites et des allocations à l’inflation qui a bondi de 1,8% en moyenne en 2018 est non seulement nécessaire mais relève du bon sens. Si le coût de la vie augmente, il faut bien que nos salaires aussi !

Défendre ces revendications minimales pour unir les travailleurs et les classes populaires

Rétablir l’ISF, augmenter le SMIC et ré-indexer pensions et allocations à l’inflation, ces 3 revendications des Gilets jaunes sont les 3 revendications minimales qui pourraient unifier l’ensemble de la classe sur la question du pouvoir d’achat et de la lutte pour de meilleures conditions d’existence. Ce sont trois revendications qui pourraient permettre de constituer les débuts d’un « cahier de doléances » national des travailleurs et des classes populaires pour s’opposer à la casse sociale que Macron compte bien reprendre s’il réussit à défaire les gilets jaunes. Ce programme de revendication minimal pourrait être défendu par l’ensemble des travailleurs, salariés, retraités et jeunes.

Ce socle programmatique unificateur pour les travailleurs et les exploités devrait s’enrichir de toute une série de revendications des différents secteurs sociaux qui commencent à entrer dans la danse en s’inspirant des Gilets Jaunes : abroger entre autres l’ensemble des lois Travail, la réforme du rail, ParcourSup et la réforme du bac pour les étudiants et lycéens, mettre fin à la répression quotidienne et au racisme d’État qui affectent les quartiers populaires, etc. C’est avec un tel programme permettant d’ unifier la lutte contre Macron et en bloquant l’économie, par la grève et sa généralisation, qu’il sera possible de faire du mot d’ordre « Macron Démission » une réalité. Pour cela, il faudra imposer aux directions syndicales qui s’y refusent pour le moment, une première journée de grève générale interprofessionnelle le 14 décembre. Une première date qu’il s’agira ensuite de poursuivre. Ce sera la seule manière de faire céder Macron et son monde.




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