Politique

« Ici c’est la France, c’est pas le Gabon. Si vous voulez retourner au Gabon, allez-y »

« Retourner au Gabon » : Sarko n’a pas honte, le fric de Bongo plein les poches

Publié le 22 septembre 2016

Ce mercredi 21 septembre, Nicolas Sarkozy a vu son meeting interrompu à Marcq-en-Barœul dans le Nord - comme lundi à Franconville - par des militants gabonais contestant la réélection d’Ali Bongo. L’ex-président, qui avait soutenu Bongo en 2009, s’est fendu d’une déclaration populiste et xénophobe : "Si vous voulez retourner au Gabon, allez-y".

Julian Vadis

Plus les jours passent et plus les phrases chocs de Nicolas Sarkozy repoussent les limites de l’abject. Après sa sortie sur les gaulois lundi, ou bien encore ses déclarations chocs vis à vis du mariage homosexuel sur France 2, le récidiviste collectionneurs de casseroles s’est fendu d’une nouvelle petite phrase choc pour répondre aux manifestants gabonais qui l’ont interrompu lors de son discours à Marcq-en-Barœul (Nord). Au slogan "Sarkozy, vient chercher Ali", l’ex président candidat aux primaires de la droite a ainsi rétorqué "Ici c’est la France, c’est pas le Gabon. Si vous voulez retourner au Gabon, allez-y " sous les hourra d’une foule acquise à sa cause, friande des sorties xénophobes à la sauce sarkozyste.

Sarkozy / famille Bongo. Liaisons troubles


De part son passé colonial, la France est, n’en déplaise à Sarkozy, l’une des principaux responsables de la situation économique, politique et sociale du Gabon. Et il ne s’agit pas d’une affaire "du passé" tant les multinationales françaises imposent leur loi sur place. De plus, les deux dernier "président" du Gabon, Bongo père et fils, ont été "formés" en France, comme de bons petits soldats prêt à conserver les intérêts de l’impérialisme français au Gabon. Sarkozy lui même avait soutenu Ali Bongo lors de son élection en 2009, qui prenait la forme d’une passation de pouvoir dictatoriale. Et si il s’est abstenu d’apporter son soutien à ce fidèle soldat de l’impérialisme français en août dernier, c’est bel et bien parce que l’explosion de colère suite à une élection trouble a très certainement joué dans la balance. Toutefois, Sarkozy - comme aucun autre Républicains - n’a daigné prendre position contre cette mascarade dictatoriale. Copinage et conflit d’intérêt, pour retrouver au plus vite une situation stable plus à même de conserver les intérêts économiques français au Gabon.

Par ailleurs, Sarkozy esquive le sujet pour éviter de relancer une polémique qu’il a réussi à étouffer. En effet, si l’affaire Bétancourt est en soi une épine dans le pied de l’ex-président, de forts soupçons de financement par la famille Bongo de la campagne de Sarkozy en 2007 plane au dessus du candidat à la primaire de la droite. Si cette affaire n’a pu aboutir faute de preuve, Sarkozy se garde bien de raviver les braises, et sait bien qu’une trahison pourrait amener Ali Bongo à délier sa langue. Etant donné que Sarkozy est aujourd’hui en course pour s’attirer les faveurs du grand patronat français, il ne peux se permettre de compromettre ses rapports avec le chef d’Etat si prolifique pour l’impérialisme français.

Populisme et xénophobie. Sarkozy plus que jamais à la poursuite du FN


A Calais, Sarkozy nourrissait sa campagne de la misère des migrants et des peurs qu’elle suscite. La déclaration de ce mercredi s’inscrit ainsi dans la droite ligne populiste et xénophobe en vue de siphonner des voix à Marine Le Pen. "Si vous voulez retourner au Gabon, allez-y" prend des allures de version adapté du slogan de l’Œuvre Française "La France aux français". Une sortie populiste, xénophobe et pro impérialiste qui pose le candidat Sarkozy toujours plus à droite dans la perspective du "chaos" qui l’amènerait à apparaître comme l’homme de la situation pour la droite traditionnelle. Celui qui, comme en 2007, avait su contenir le Front National tout en étant celui qui pouvait triompher au second tour face à Ségolène Royal