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Revoir toutes les interventions à la table-ronde des 2 ans de Révolution Permanente

Pour ses deux ans d’existence, Révolution Permanente a choisi d’organiser une grande soirée-concert contre Macron et ses ordonnances précédée d’une table ronde sur la situation politique et nos luttes. Dans ce cadre, quoi de plus naturel, pour notre journal, que donner la parole à celles et ceux qui donnent de la voix, dans les luttes, les mouvements et dans les grèves ? Nous publions ici les vidéos des différentes interventions à la table ronde.

Assa Traoré, soeur d’Adama, a pris la parole en premier pour rappeler la situation qui est faite aux quartiers, par la police et l’Etat, et ce que signifie cette violence systématique sur les jeunes. Rappelant le rôle joué par Révolution Permanente, « aux côtés de notre famille, pour réclamer vérité et justice pour Adama, et la libération de mes frères et de ceux qui sont aujourd’hui en prison », elle a informé avec émotion des rendus de la contre-expertise qui vient de reconnaître ce que tout le monde savait, malgré les mensonges de l’Etat : Adama n’est pas mort d’arrêt cardiaque mais il est mort d’étouffement, il y a un an, alors que de gendarmes l’interpellaient sans raison à Beaumont-sur-Oise.

Vincent Duse, de la CGT PSA Mulhouse, puis Ghislaine Tormos, de la CGT PSA Poissy, sont venus rappeler par la suite la situation qui est celle du secteur automobile, entre accélération des cadences sur les chaînes et aggravation de la précarité, qui mène à de véritables crimes patronaux avec son lot de burn-outs et de suicides, alors que la répression antisyndicale s’abat comme jamais dans les usines. Gigi, auteure de Le salaire de la vie, ouvrage qui revient sur ses quatre mois de grève contre la fermeture de PSA Aulnay, a insisté sur la façon dont, dans les usines, c’est le « ferme ta gueule et marche au pas qui domine », que c’est le chemin inverse qu’il faut prendre et comment elle a pu, également, trouver dans Révolution Permanente une continuité dans ses luttes.

Loïc Canitrot, travailleur du spectacle et membre de la Compagnie Jolie Môme a quant à lui présenté au nom de l’ensemble de la troupe ses plus chaleureuses salutations, insistant pour sa part, lui qui est poursuivi par le Medef pour une action d’envahissement du siège, la façon dont se combine répression anti-syndicale et anti-quartiers. Au théâtre de la Belle Etoile, à Saint-Denis, le QG de la compagnie, les travailleurs du spectacle, les habitants du quartier, ceux qui y travaillent sont bien déterminés à s’opposer à cette violence spécifique qui s’abat tout particulièrement contre les banlieues. Finissant sur la nécessité « d’impulser des luttes, la meilleure façon d’être solidaire des copains et des copines qui sont poursuivis », il a adressé un salut à Jean-Marc Rouillan, « actuellement accusé et condamné pour délit d’opinion ».

Foued, militant CGT à l’hôtel Campanile Tour Eiffel, qui sort d’une lutte victorieuse pour l’internalisation des femmes de chambre, a décrit l’univers de surexploitation des travailleuses de l’hôtellerie, cible de toute les vexations et discriminations. « Ce sont des négriers, les patrons, mais on a gagné ». Conscient de ce qui nous attend, contre « la casse du Code du Travail en passe de devenir un Business du Travail », il a lancé un appel à la mobilisation.

Révolution Permanente "Quand, et dans quelles modalités ?" Anasse, cheminot au Bourget délégué Sud Rail, a repris ce qui avait été avancé plus tôt par Vincent Duse. « Il y aura le rendez-vous du 14 juillet, du Front Social, auquel il faut qu’on participe, puis le 12 septembre. Mais comment faire pour que le 13, ça continue ? Ce n’est pas Martinez qui va le faire. Il faut que l’on prenne nos affaires en main pour imposer un véritable plan de bataille ». Il en va de même au niveau politique. « Il y a peu, encore, j’aurais pensé qu’un politicien, c’était quelqu’un avec un attaché-case et un costard cravate. Mais nous aussi on doit faire de la politique ». « Notre histoire, a-t-il conclu, c’est celle de la rue et des mobilisations », et c’est dans cette continuité que Anasse a appelé à s’inscrire.

Revenant sur les différents paris lancés par Révolution Permanente depuis sa création, il y a deux ans, pour donner la parole aux exploité-e-s et aux opprimé-e-s, que Macron et ses médias veulent rayer de la géographie politique et idéologique, pour que ce qui se fait de mieux au niveau technologique permette de donner de la voix aux luttes et à l’extrême gauche, Daniela Cobet, de la direction du NPA et de la rédaction de Révolution Permanente a souligné comment tout ce projet étaient indissolublement liés à la volonté de construire une organisation, « ce parti des esclaves insurgé-e-s dont parlait il y a cent ans Lénine ».