Genres et Sexualités

Toujours à la pointe du progressisme

Rossignol rempile. Foulard, terrorisme et autres dérapages

Publié le 17 novembre 2016

Laurence Rossignol, qui occupe le ministère Droit des Femmes...de la Famille et de l’Enfance (tout un programme), s’insurge. Au nom des femmes, cela va sans dire. Elle a en effet trouvé du plus mauvais goût un défilé de mode (pour femmes) organisé par le maire PS du IVème arrondissement. Mais le problème, selon la ministre, n’était pas la mise en scène des femmes-mannequin en tant que tel.

Corinne Rozenn

Qu’il y ait un défilé ne posait aucun souci, pour Rossignol. Le principe du défilé, qui, au prétexte de la mode, fait des femmes de simple porte-manteaux-habits en fonction de canons esthétiques imposés ne choque pas la ministre. Son problème était plutôt le fait que ce « fashion day » particulier organisé par le maire PS du IVème arrondissement et ancien directeur chez LVMH avait été baptisé « My Foul’Art ».

L’idée était donc de faire défiler des mannequins portant des foulards ou des hijabs, plusieurs créateurs ayant été appelés par ailleurs à exposer. « Une fête malvenue », selon Rossignol, dont les propos du 14 novembre ont été rapportés par le Canard Enchaîné.

En mars dernier, déjà, elle avait croisé le fer avec les marques de vêtement proposant des burkinis. Songeant sans doute que le degré de libération de la femme se mesure à l’échancrure de son maillot de bain, la ministre jugeait scandaleux la vente de burkinis et de faire ainsi « la promotion de l’enfermement du corps des femmes ». Le tout avant de conclure, au cours de la même conférence de presse, que les femmes qui choisissent le burkini étaient à l’image des « des nègres afric… des nègres américains qui étaient pour l’esclavage ».

L’été a été propice à de nouvelles déclarations. Rossignol était bien entendu montée au créneau, jugeant le « burkini profondèment archaïque » en direct sur Europe 1, le 15 août, avant d’exiger de la république qu’elle oblige les femmes à la bienséance laïque sur les plages.

Avec « My Foul’Art », Rossignol est encore montée d’un cran. Pour elle, donc, organiser un défilé de mode de femmes portant un foulard « à trois jours de la commémoration du 13 novembre » serait une idée de « dingues ». La boucle est donc bouclée : foulard = islam = fondamentalisme = terrorisme. Avec de pareils raccourcis, Marine Le Pen doit se dire que ce n’est pas la peine de gagner les élections si ses idées sont si bien relayées dans les ministères…