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Monde

"Je n'avais pas du tout peur"

Royaume-Uni. Ce que raconte la photographie de la manifestante qui prend de haut un militant d’extrême droite

Lors de la manifestation de la English Defence League, groupuscule d'extrême droite anti-musulman à Birmingham au Royaume-Uni, Saffiyah Khan est venue en soutien d'une femme musulmane voilée qui était entrain d'être prise à partie par les militants d'extrême droite. Une photo où elle tient tête à l'un des leaders du groupe EDL a depuis fait le tour des réseaux sociaux.

A Birmingham, au Royaume-Uni, une manifestation a été organisée ce samedi 8 avril par la English Defence League, qui n’est autre qu’un groupe d’extrême-droite anti-musulman. Saffiyah Khan, 20 ans, fait partie de ces militantes contre l’islamophobie et le racisme au Royaume-Uni qui est venue voir comment se déroulait la manifestation - craignant des agressions - et exprimée sa colère contre la tenue d’une telle manifestation en plein coeur de sa ville. Alors quand les militants d’extrême droite ont commencé à vouloir s’en prendre à une femme musulmane portant un hijab, qui venait de les interpeller en criant "racistes !", Saffiyah Khan lui est venue en aide. Une intervention d’autant plus nécessaire que la police restait de marbre. Sur la photo qui a été prise par un journaliste sur place, on voit la jeune femme, les mains dans les poches, très calme, venir se poster devant l’un des leaders de l’EDL visiblement très énervé et lui décocher un sourire. Tout au long de la confrontation, le jeune femme rit au nez et prend de haut Ian Crossland de l’EDL.

Ci-dessous, une photo de la femme agressée, Zafar, 24 ans, venue contre-manifester, par les militants d’extrême droite, l’un deux porte un masque de cochon.

Le courage, le calme et l’attitude de la jeune femme ont été fortement apprécié par des habitants de Birmingham et plus largement par toutes celles et ceux qui ne supportent plus le racisme et l’islamophobie au Royaume-Uni (et ailleurs !). Ils et elles ne tolèrent plus, non plus, l’existence de ces groupes d’extrême droite et le fait que leurs manifestations soient autorisées par les autorités. Ce qui a d’abord contribué à la viralisation de l’image est le post sur Twitter de la députée travailliste locale Jess Philipps qui a publié le commentaire suivant : « Qui a l’air d’avoir le pouvoir ici, la vraie Brummy [surnom des habitants de Birmingham] à gauche ou l’EDL qui a migré pour la journée dans notre ville sans réussir à s’assimiler ? ». Les réseaux sociaux ont fait le reste.

Cette photo qui a été prise sur le vif, qui n’a rien d’une photographie d’un reporter professionnel, a depuis fait le tour des réseaux sociaux et a provoqué nombre de commentaires saluant l’intervention de la jeune femme. Un effet qui s’explique en grande partie par la forte charge symbolique de l’image : le courage, le calme, la confiance, l’anti-racisme de la jeune femme qui s’oppose à la violence, le virilisme, les idées réactionnaires et racistes incarnés par l’homme d’EDL.

Le journal The Guardian a réuni les deux jeunes femmes à la suite de la manifestation. Toutes les deux sont des militantes contre l’islamophobie et ont insisté dans leur interview sur l’importance de lutter contre le racisme, l’islamophobie ainsi que la solidarité. Une solidarité qui, selon elles, leur a permis ce samedi de "vaincre" EDL.

Cette photo a rappelé à nombre de personnes d’autres photographies de manifestations, comme celle de l’été 2016 à Baton Rouge pendant un rassemblement Black Lives Matter, où l’on voit une femme restée droite, calme, face à la police qui la charge pour l’interpeller.

Des images qui viralisent, marquent les esprits, car elles incarnent, symbolisent, la résistance et le courage face à la police qui tue et réprime, contre les idées réactionnaires sur lesquelles surfent les gouvernements, les populismes de droite, qui visent à maintenir la population dans la peur et la haine.




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