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Les bons comptes font les bons amis ?

SNCF. 300 millions : « coût de la grève » ou coups du gouvernement et des cadeaux de Pépy ?

Pépy annonçait récemment une estimation des pertes de gains de la SNCF avec les journées de grève perlée, estimation qui dépasserait les 300 millions d’euros. Un coup de com’ pour toucher le cœur du contribuable qui continue à soutenir les grévistes, sachant qu’il faut aussi inclure dans cette somme les offres que Pépy réserve aux usagers.

« La grève coûte beaucoup d’argent » : Nous ne pouvons que remercier Pépy sur ces éclaircissements. Bloquer l’économie ça fait que certains font moins (voire pas) de profit qui s’élevait à 1,33 milliards en 2017 pour la SNCF. Des déclarations solennelles et éclairées qui annonce le nouveau, mais habituel, moyen de pression sur les grévistes : faire peser sur eux la responsabilité d’une perte de gain pour l’entreprise.

Les chiffres sont lancés : 300 millions d’euros de perte pour la SNCF avec la grève perlée. Alors que Pépy s’insurge et craint pour la SNCF, ces pertes sont moindres face à ce que la réforme du rail ferait véritablement perdre aux usagers et aux cheminots. Augmentation certaine des billets avec la privatisation (une augmentation de 117% en Grande-Bretagne entre 1995 et 2015, par exemple), et une perte de salaire considérable pour les cheminots avec la casse du statut.

L’incrimination des cheminots qui n’ont que la grève pour faire entendre leur voix et faire reculer le gouvernement laisse plus que songeur quand ce même gouvernement affiche une volonté de fer pour mettre en œuvre cette casse programmée de tous les services publics, et de tous les acquis sociaux.

300 millions, en comptant les réductions pour se refaire une image auprès des usagers

Pépy a annoncé dans le même temps la mise en place de tout un plan de réductions pour satisfaire les usagers. Trois millions de billets de TGV (un avant-goût du tout-TGV ?) à moins de 40€ entre le 15 mai et le 31 août, ainsi que des cartes de réduction à un prix unique de 29€. Un coup de com’ pour redorer l’image de l’entreprise et tenter encore et toujours, alors même que les sondages récents affichent une solidarité envers le mouvement de grève, de diviser usagers et cheminots.

Ce qui est cocasse c’est que cette seconde offre promotionnelle qui consiste à réduire le prix des pass est une opération réalisée par la SNCF chaque année. Mais une fois n’est pas coutume, puisque la grève est lancée, Pépy grossit donc les « coûts de la grève » en y incorporant ce « cadeau » qui n’a somme toute rien d’une surprise.

De même que la dette de la SNCF n’est pas celle des cheminots ni des usagers, le coût de la grève est à mettre sur le compte de ce gouvernement qui tente de porter un grand coup à tous nos acquis sociaux. Stopper le cours des profits que les patrons se font sur le dos des travailleurs, c’est bien là la méthode de la grève. Et la note sera bien plus salée pour notre classe si on ne met un stop à ce gouvernement. Et si la décision de Pépy a bien le mérite de montrer quelque chose, c’est qu’il est tout à fait possible de baisser le prix des billets de train. Mais pour cela, il faut que les salariés fassent grève et mettent la pression sur la direction pour empêcher qu’elle casse leur statut mais aussi et surtout pour mettre fin à la logique de rentabilité et de mise en concurrence qui ne vise qu’à engraisser les futurs actionnaires du rail. Une logique qui n’a fait qu’augmenter les prix des billets de train depuis plusieurs années… et qui est loin d’être compensée par le coup de com’ de Pepy.

Crédit photo : AFP / GERARD JULIEN




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