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Politique

Le gouvernement ment sur toute la ligne

SNCF : Europe 1 confirme le plan de suppression des « petites lignes » en région

C’était pourtant l’axe central de la communication du gouvernement. Pour ne pas agréger la colère des cheminot-e-s à celle des usagers de la SNCF, le premier ministre Edouard Philippe, avait pourtant assuré que, contrairement aux recommandations du rapport Spinetta, la réforme du rail ne prévoyait pas de supprimer les 9 000 km de ligne de chemins de fer en région. Europe 1 nous révèle qu’il n’en est rien.

La crainte principale du gouvernement est de voir la grève SNCF qui se dessine pour la semaine prochaine obtenir le soutien de larges franges de la population, et que cette bataille du rail devienne le point de jonction d’autres secteurs du public comme du privé, qui entreraient dans une grève ancrée dans la durée, agrégeant ainsi la colère du monde du travail déjà mis à mal par la loi travail I et II.

Pour contrer cela, la stratégie gouvernementale est claire : il s’agit de diviser, à tout prix, le corps social, à grand renfort de contre-vérités. D’abord en agitant le chiffon rouge des supposés « privilèges » des cheminots – à savoir horaires décalés, travail de nuit, en week-end, jours fériés, qu’il vente, neige, ou pleuve, déplacement et éloignement familial, payes au rabais, « prime charbon » de 50 euros – mais aussi en prenant garde à ne pas intégrer les usagers de la SNCF dans la bataille, tout aussi soucieux du prix des billets qui pourraient augmenter du fait de la privatisation, que de la continuité de la mission de service public de desserte sur l’ensemble du territoire.

La sortie du rapport Spinetta, il y a un mois, recommandait la suppression de 9 000 km de lignes non-rentables, soit 56 tronçons et 190 gares, et 30% du réseau français. A cette annonce, la Fédération nationale des associations des usagers des transports, par la voix de Bruno Gazeau, son président, tirait immédiatement la sonnette d’alarme : « on ne peut pas supprimer les petites lignes, sinon c’est la mort de la France » affirmait-il à l’antenne d’Europe 1, le 17 février dernier, soit deux jours après la sortie du fameux rapport. 10 jours plus tard, dans sa livraison officielle du projet de réforme du rail, Edouard Philippe assurait lors de sa conférence de presse qu’« on ne décide pas de la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables ». Une formulation qui a fait sourire l’association des Petites villes de France, loin d’être dupe : « Le Premier ministre ayant indiqué qu’il n’y aurait pas de fermeture depuis Paris laisse supposer que des suppressions pourraient être décidées ou encouragées par les conseils Régionaux », qui clairement, n’auront pas les dotations suffisantes pour sauvegarder l’ensemble du réseau.

Et en effet, selon de récentes informations recueillies par Europe 1, « la SNCF prépare bien un plan de suppression des petites lignes » et envisage de les remplacer par des bus ou des covoiturages, avec l’incidence que l’on sait du point de vue environnementale et de la proportion d’accident.

Décidément, concernant la réforme du rail, le gouvernement Macron/ Philippe ment sur toute la ligne.

Crédits : CHARLY TRIBALLEAU




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