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Notre classe

Appel à la grève et au rassemblement dans les EIC

SNCF. Interview d’Anasse, délégué SUD Rail Paris Nord : Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ?

Anasse, délégué SUD Rail Paris Nord, nous a accordé une interview afin d'expliquer pourquoi les cheminots doivent venir au rassemblement de ce jeudi 15 février à 11h devant le siège de la Direction de la Circulation Ferroviaire au métro Bibliothèque François Mitterrand. Une journée « Établissements Infra Circulation à l'arrêt » comme tremplin à un mouvement plus massif.

RP  : Peux tu nous expliquer pourquoi ce mouvement de grève d’aujourd’hui ?

Anasse  : Ce 15 février est une journée Établissements Infra Circulation à l’arrêt. C’est-à-dire qu’on a appelé à une journée massive de mobilisation pour l’ensemble des cheminots des EIC, l’ensemble des aiguilleurs, des agents de circulation, les régulateurs, les personnels des Unités Opérationnelles et plus largement à tous les cheminots qui ont envie de relever la tête à nos côtés. C’est un mouvement qui se veut offensif. Nous avons des revendications claires : l’augmentation générale des salaires, l’arrêt des postes non tenus, le respect de la réglementation du travail dans son ensemble, des contingents en niveau et position de rémunération, afin de garantir un déroulement de carrière à chaque agent, la revalorisation de la prime de travail reconnaissant réellement l’évolution technique et les contraintes des métiers de la circulation, le maintien des EVS en cas d’inaptitude médicale, la revalorisation du travail de nuit et le versement d’allocations repas pour tous les agents en services postés.

RP  : Qu’espérez vous de cette journée ?

Anasse  : C’est une grève de 24h, on n’espère pas gagner la coupe du monde. Le but est d’être une première journée de construction d’un mouvement qui se veut plus grand. On doit essayer à ce que ce 15 février soit un tremplin pour pouvoir construire la mobilisation dans les EIC et plus largement car il y a plein de revendications qui correspondent à d’autres métiers du rail. Cette journée est dores et déjà historique à la SNCF car plusieurs préavis ont été déposés de manière unitaire dans 5 EIC parisiens qui sont unis à travers les mêmes revendications et à travers l’unité syndicale.
Ce dont on a besoin c’est de se parler, de se coordonner. Cette date est primordiale pour mesurer nos forces. Cela va nous permettre de nous préparer activement au moment où on sera bien organisé, tous ensemble, et qu’il y aura du répondant, que les cheminots auront envie de se battre parce qu’on en a marre de se défendre et de passer à l’offensive à grande ampleur.

RP  : Justement, pourquoi passer à l’offensive ?

Anasse : Parce que notre quotidien n’est plus vivable. On connaît tous la situation. Il y a une accumulation du manque d’effectif ce qui fige des postes, des agents en roulement sont obligés de sortir de leur roulement pour dépanner et combler le manque d’effectif, nos congés sont refusés, on nous appelle lors de nos périodes de repos. Ce n’est pas tenable. En cette période où on nous alerte sans cesse sur la sécurité ferroviaire, la direction se permet de nous épuiser à la tâche. Et bien évidemment, il n’y a aucune gratification, aucun geste financier. On n’arrête pas de réclamer les paniers repas, des augmentations salariales, d’avoir une vraie prime de travail lié à notre travail et à nos responsabilités d’agent de circulation qui avons la vie de milliers de voyageurs chaque jours entre les mains. On veut juste avoir un minimum garanti et ne pas avoir ce salaire là en 3x8 où on s’épuise à la tâche pour gagner une misère.

C’est pourquoi il est primordiale d’être nombreux au rassemblement ce jeudi 15 février à 11h devant le siège de la Direction de la Circulation Ferroviaire au métro Bibliothèque François Mitterrand. Il y aura des prises de paroles de l’ensemble des délégués syndicaux des 5 EIC. Pour l’instant, les premiers retours sont ultra positifs. Sur la plus part des EIC, il y a énormément de D2I qui sont tombés. On espère pouvoir construire un mouvement encore plus grand juste derrière, alors venez très nombreux pour confirmer cette dynamique unitaire car nous le savons lorsque nous sommes déterminés et unis, la direction n’a nulle autre possibilité que de céder, comme elle a dû le faire face aux revendications des grèves locales en 2017 à Paris Est et Paris Nord.

Crédits : © MARZARI EMANUELE/SIPA




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