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Politique

Les conséquences de la réforme du ferroviaire

SNCF. Vers la suppression de 40% des petites lignes en Occitanie ?

Suite à une rencontre avec le Conseil Régional d’Occitanie, les syndicats cheminots dénoncent un « sabotage » du projet de maintien des petites lignes de la part de SNCF Réseau. Le mode opératoire est habituel à la SNCF : gonfler les devis annoncés à la région (ici multipliés par 3), afin qu'elle ne puisse pas payer les coûts de restauration des lignes. Conséquence : 40% des petites lignes d’Occitanie fermeraient d’ici 2021…

De Sud Rail à la CGT, en passant par l’Unsa, la CFDT, ou FO, tous les syndicats s’accordent sur le terme de « sabotage » pour désigner cette manœuvre de la part de SNCF Réseau.

Lors d’une réunion au conseil régional d’Occitanie, le 17 octobre dernier, les organisations syndicales ont découvert les nouveaux devis proposés par SNCF Réseau pour la rénovation des petites lignes. Ils sont trois fois plus élevés que les précédents ! Cette hausse exorbitante, rend donc le financement impossible à assumer pour la région. La manœuvre ne dupera aucun cheminot puisque la SNCF est coutumière du fait. C’est comme ça qu’elle a tué le fret à petit feu, proposant avec la même logique des devis exorbitants pour les entreprises qui souhaitaient encore acheminer leurs marchandises via ce moyen de transport, sûr et écologique.

Cette « surfacturation » de la part de SNCF Réseau a un objectif simple, limpide, qui s’inscrit dans l’application du rapport Spinetta : le souhait de supprimer toutes ces petites lignes classées entre 7 et 9 (sur une échelle allant jusqu’à 9), c’est-à-dire les lignes les moins empruntées. Et donc les moins rentables. C’est le cas par exemple de la ligne Foix-Latour de Carol ou L’Isle Jourdain-Auch. Dans son communiqué du 22 octobre, Sud Rail Midi Pyrénées monte au créneau. « L’attitude de désengagement de SNCF Réseau et du gouvernement est inacceptable. Tout est mis en place pour fermer les 9000km de lignes comme annoncé en début d’année. Le mot « sabotage » prend ici tout son sens ! ».

Dans le communiqué, toujours : « les conséquences directes de la politique du gouvernement actuel, mise en place notamment au travers du nouveau Pacte Ferroviaire et combattue par les cheminot.te.s au printemps, [conséquences qui] sont déjà ressenties sur notre région : 40% des lignes dites Petites lignes fermeraient d’ici 2021 si la région ne reprend pas l’entretien de l’infrastructure conséquence directe du désengagement de l’Etat. Dans l’immédiat ce sont les projets de réouverture de lignes qui sont compromis par ces politiques. »

Suppression de guichets et de contrôleurs

Une suppression de petites lignes qui donnera forcément lieu à des suppressions de postes, avec comme répercussion inévitable l’accentuation de la fracture entre les territoires et populations rurales et leurs métropoles. Des petites lignes qui font déjà face à une privatisation de la maintenance. C’est ce qu’avait exposé Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau dans un entretien à l’AFP : « En toute transparence avec les régions, on fait un appel d’offres dans lequel on choisit un consortium ou un industriel qui va nous faire à la fois la maintenance et l’exploitation de l’infrastructure ».

Mais les cheminots de la région Occitanie sont aussi directement concernés par des offensives sur les autres lignes de la part d’une SNCF à la recherche de rentabilité maximale avec pour conséquences directes la suppression de guichets et de contrôleurs. Une des « conséquences du Projet de Services des Territoires imposé par la SNCF sur la région Occitanie » est ainsi la « suppression des contrôleurs dans les trains sur les trajets Toulouse-Foix et Toulouse Montauban ce qui entraînera la suppression de 15 emplois sur ces deux lignes et l’extension prévisible de ces dispositions sur l’ensemble des lignes de la région » (communiqué Sud Rail Midi Pyrénées). Notons les positions ambigües de la région qui, prônant la digitalisation des tickets, joue le jeu en dernière instance de la direction de la SNCF dans la fermeture de guichets…

Décidément, la casse de la SNCF ne fait que débuter !




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