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Réforme ferroviaire

SNCF. Vers un mouvement de grève au printemps ?

C’est depuis la grève de deux semaines en juin 2014 que la direction de la SNCF cherche à concrétiser l’application de la réforme ferroviaire votée par le Parlement à cette même époque. Convention collective, jours de repos, temps de travail… ce sont autant d’enjeux pour les cheminots qui connaissent une dégradation considérable de leurs conditions de travail. Les négociations entre syndicats et patronat se poursuivent mais les prochains mois s’annoncent mouvementés.

Remettre en cause les 35 heures et revoir à la baisse les conditions de travail

L’un des objectifs de la réforme ferroviaire que le gouvernement et la direction de la SNCF, main dans la main, ont réussi à faire passer en 2014, est d’imposer une dégradation des conditions de travail des cheminots. Une question de productivité et de rentabilité, selon d’aucuns.

Aujourd’hui, les salariés du fret privé et les salariés de la SNCF à proprement parler, ne sont pas soumis aux mêmes règles en ce qui concerne les conditions de travail, l’amplitude maximale des journées, le temps de repos, la retraite, etc. La réforme adoptée au mois d’août 2014 impose une « harmonisation » avant la mi-2016, ce qui équivaut, pour le patronat, de revoir à la baisse les acquis et les conditions de travail que les cheminots ont réussi à gagner avec tant de combativité et de luttes. La direction parle d’un écart de productivité de 30% avec le fret privé, du fait notamment de la réglementation du travail et du régime des retraites, ce qu’elle utilise pour tenter de justifier les attaques qu’elle prépare contre les cheminots.

D’après ce que la direction raconte dans les grands médias qui se font son relais, aujourd’hui, un cheminot roulant de la SNCF aurait, en moyenne, 38 jours de congés payés et 22 jours de repos supplémentaires au titre des 35 heures. Ce que ces médias et la direction de la SNCF ne disent pas, c’est que dans ces 38 jours, ils comptent aussi les jours fériés ! Mais au-delà de ces purs mensonges qui visent à faire passer les cheminots comme des « privilégiés » par rapport aux autres travailleurs, pour Guillaume Pépy, président de la SNCF, l’objectif est assez clair : « remettre à plat l’organisation du travail » pour assurer l’ouverture à la concurrence, prévue par étapes d’ici à 2026. En d’autres mots, en plus de la suppression de 1 400 postes que la SNCF a annoncée pour l’année 2016, la direction veut clairement remettre en cause les 35 heures et revoir à la baisse les jours de congés, entre autre, pour les aligner au nombre de jours dont bénéficient les cheminots des entreprises privées.


Tirer les leçons de la grève de 2014 et repartir à l’offensive ?

Pendant des mois et des mois, les négociations se déroulaient dans le flou le plus total pour la plupart de cheminots. Selon ce qui est prévu dans les temps d’application de la réforme, ces négociations devraient aboutir avant le 1er juillet 2016, moment pour lequel syndicats et direction devraient se mettre d’accord sur les contours précis de la réforme. La direction a l’air déterminée et pense pouvoir enfin faire passer les attaques qu’elle prévoit depuis des années mais que la combativité des cheminots n’avait pas permis d’appliquer jusque-là.

Mais les cheminots, de leur côté, n’ont pas l’air de vouloir se laisser faire… Des représentants de la CGT cheminots et de SUD-Rail ont déjà évoqué la possibilité de déclencher des mouvements de grève au printemps.

En ce début d’année, des mouvements de grève importants ont eu lieu en Belgique, où les cheminots ont massivement dit non à l’austérité. En juin 2014, des nombreuses et nombreux jeunes cheminots ont fait une première expérience de grève et de mobilisation. Il est donc possible, dans le contexte actuel, de penser et d’organiser la riposte face aux attaques annoncées par la direction. Même ceux et celles qui n’y croyaient pas en juin 2014 commencent à voir que la réforme touche concrètement leurs conditions de travail et sont attentifs à un potentiel plan de mobilisation. Il s’agit aujourd’hui de partir de l’expérience de la grève de juin pour en tirer les leçons en termes de plan de mobilisation et d’auto-organisation et pour tenter de repartir à l’offensive, jusqu’à imposer cette fois-ci à la direction de la SNCF et au gouvernement le retrait pur et simple de cette réforme.




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