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« l’Euro on préfère le bloquer que le regarder »

SNCF : la grève sera-t-elle plus forte que le foot ?

Publié le 9 juin 2016

N’attendant pas la date trop lointaine du 14 juin, la mobilisation contre la loi travail s’est dotée, ce jeudi 9 juin, d’un nouveau rendez-vous d’actions et de manifestation à Paris pour obtenir son retrait. A la veille de l’Euro de foot, alors que le gouvernement menace de réquisitionner les grévistes et que le secrétaire de la CGT, Philippe Martinez déclare que le « blocage des supporters » pourrait nuire « à l’image » de la centrale, la journée d’action du jeudi 9 juin a commencé en fanfare. Avec le blocage, au matin du marché international de Rungis, et la reconduction de la grève à la SNCF, se sont ensuite quelques milliers de personne parties en manifestation depuis place d’Italie qui ont envahi la gare de Bercy, preuve que la détermination est toujours au rendez-vous.

Mar Martin

La grève de nouveau reconduite à la SNCF

Pour la 10ème journée consécutive et à la veille de l’Euro de foot, la grève a la SNCF a été reconduite dans la plupart des Assemblées Générales. Sur fond de propagande anti-grève de la direction de la SNCF, les cheminots restent mobilisés et déterminés, notamment chez les roulants et les conducteurs de train, comme en témoigne les fortes perturbations sur les lignes RER D et B permettant d’accéder au Stade De France.

Cette envie de continuer le combat après déjà 10 jours de grève reconductible s’est exprimée dans la majorité des AG par des reconductions souvent à l’unanimité, et cela, bien que la direction de la CGT Cheminot, n’ait pas fait d’appel clair à la grève reconductible, alors même que cela s’imposait et qu’il s’agissait d’enfoncer le clou face à la SNCF et au gouvernement à quelques jours de l’euro.

En attendant, à gare de Lyon, comme ailleurs, la reconduction de la grève a été votée. Les cheminots se sont rendus en manifestation, partie à 13h30 de place d’Italie. De là, environ deux milles personnes, tout secteur confondu, ont défilé dans la rue, pour conclure la manifestation par un envahissement de la gare de Bercy, une nouvelle action coup de poing comme elles se sont multipliées ces derniers jours. « Nous ne sommes pas de la chair à patron », c’est bel et bien le message d’une grève reconduite depuis 9 jours consécutifs sinon plus.

« l’Euro on préfère le bloquer, que le regarder »

Premier jour de beau temps et veille de l’Euro, il s’agit de marquer le coup et d’annoncer la volonté de briser la vitrine reluisante du concours européen. Alors qu’hier déjà, les cheminots faisaient repartir le « Train de l’Euro » de la Gare du Nord à grands coups de « Eh la gare elle est à qui ? Elle est à nous !  », empêchant par là-même une première grosse journée de comm’, le bon déroulement du tournoi de foot semble inquiéter la bourgeoisie non-seulement française mais également voisine. Elle aussi se voit confrontée à la montée de la grogne sociale suite à l’imposition d’une version locale de la loi Travail, comme c’est le cas en Belgique. La démonstration d’un blocage ou d’une grande perturbation de l’Euro de foot en France pourrait en effet donner des idées à nos voisins et frères de luttes.

Ce jeudi, une fois les manifestants arrivés dans le quartier des finances, tous prennent la pose sur les marches, méga à la bouche, fumi à la main, banderoles s’agitant en-devant. « Grève générale », c’est la trace qui restera marquée après leur passage sur le bitume, et la meilleure réponse à ceux qui veulent faire croire que les cheminots baissent la tête. Puis c’est tout ce beau monde qui finit par rentrer d’un pas déterminé dans la gare de Bercy, ne s’arrêtant que sur les voies. Un envahissement par jour, ça va bientôt être une habitude ! 

Pour mettre fin à ce qui représente déjà 300 millions de pertes pour la SNCF, et bien plus pour l’ensemble des entreprises touchées, le gouvernement sait quoi faire. D’ici-là, une mobilisation massive se construit pour le 14 juin qui doit réunir tous les secteurs mobilisés à Paris même. Et demain commence ce que beaucoup attendaient de perturber depuis des semaines, un tournoi de foot qui leur rapporte des millions, qui nous coûte bien plus, et qui engage la bourgeoisie française son image vis-à-vis de ses concurrents européens. Beaucoup de footeux parmi les rangs cheminots, et pourtant, du technicentre du Landy de Saint Denis, on entend dire « l’Euro, on préfère le bloquer que le regarder ». Alors la grève, plus forte que le foot ? Pour le savoir, c’est à nous de jouer !

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Mots-clés SNCF