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Notre classe

Les cheminots en lutte

SNCF : la mobilisation s’amplifie au triage du Bourget !

Les cheminots du triage du Bourget sont massivement en lutte depuis janvier pour une amélioration de leurs conditions de travail. Ils seront bientôt à nouveau en grève.

Les agents circulation, particulièrement mobilisés, s’adressent à tous les cheminots et à tous les salariés, pour leur expliquer les raisons de leur lutte et les avancées qu’ils ont déjà obtenues. Pour les aider à tenir dans la durée, face à une direction qui ne veut pas céder, une caisse de soutien a été mise en ligne, qu’on demande à nos lecteurs d’aider à remplir. Si les cheminots gagnent, c’est la lutte de tous les travailleurs qui gagne !

Nous relayons ci-dessous leur communiqué :

Les cheminots du Bourget en grève… Pourquoi ? Comment ?
Depuis le 23 janvier, les agents circulation de l’Unité Opérationnelle (UO) du Bourget sont mobilisés et multiplient les actions de grève pour obtenir des améliorations sur leurs conditions de travail.

Nous cheminots, sommes loin d’être des privilégiés : travail en 3x8, Week-ends et jours fériés passé loin de nos familles, nuits payées une misère, ainsi que de nombreux problèmes de santé lié aux rythmes et aux conditions de travail difficiles… La plupars habitent loin et doivent bien souvent prévoir deux repas par jour en dehors de la maison, sans toucher, contrairement à d’autres secteurs, un seul panier repas.

Le tout pour un salaire dépassant à peine le SMIC pour certains d’entre nous, sans omettre les responsabilités pénales qui sont les nôtres, dans les postes de sécurité dont nous avons la charge.

Les cheminots réunis en Assemblée Générale ont donc voté les revendications suivantes :

• Requalification du poste 1 de Bobigny en qualif D
• Suppression du pesage du poste 1 du Bourget et maintien du poste Chef circulation (CCL)
• Prime exceptionnelle à chaque fois que nous avons des grands travaux
• L’équivalent d’un panier repas par mois et par agent, à hauteur de 136 euros

Une première grève surprise de 48h a eu lieu les 23 et 24 janvier à 90% de grévistes.

L’adhésion massive à cette grève avait rendu impossible le remplacement de l’ensemble des acteurs du mouvement.

En conséquence : l’axe Grande Ceinture a été fermé pendant 48h entraînant un impact sérieux sur les circulations et les travaux prévus sur l’UO. A l’issue de cette 1ère grève, nous avons obtenu la requalification du poste "Bobigny 1" en qualif D, et la prime pour grands travaux, comme c’est le cas actuellement avec les travaux de la TLN (Tangentielle Nord).

Notre Direction a voulu faire pression sur nos délégués du personnel via la menace de sanctions disciplinaires, mais une campagne de solidarité exemplaire de la part des agents, relayé sur les réseaux sociaux, a su faire reculer la hiérarchie. N’ayant pas obtenu gain de cause sur nos autres revendications, nous avons démontré notre détermination en initiant une nouvelle grève massive de 72h dès le 7 mars.

A cette occasion, la direction a décidé de mettre en danger la sécurité des cheminots, des usagers et des habitants de la ville de Drancy, en faisant venir des cadres de la DCF qui ne connaissaient pas les postes de sécurité de l’UO, dans le but de remplacer les grévistes. Une attitude irresponsable ne s’expliquant que par l’obstination de la direction à ne pas entendre les doléances des cheminots. Déterminés que nous sommes, dès le premier jour de cette nouvelle grève fut décider en assemblée générale de porter nos revendications à une échelle plus haute en exigeant un rendez-vous à la Direction Générale SNCF Réseau de l’Ile de France. Le 08 Mars, l’ensemble des agents se sont ainsi rendus spontanément à Montparnasse et ont pu être reçu collectivement grâce à leur persévérance et leur opiniâtreté.
Résultat : le pesage du poste 1 du Bourget est annulé et le poste Chef circulation (CCL) est maintenu au moins jusqu’en 2019.

Reste aujourd’hui la question de l’argent. La direction nous dit qu’ils n’en ont pas. Pourtant ils perdent énormément d’argent suite à nos grèves. Rien que pour les travaux des 23 et 24 Janvier derniers, ils ont perdu plus de 500.000 euros, une somme faramineuse au regard des 100.000 euros par an qu’exigerait notre revendication.

Soyons convaincu d’une chose, s’ils ne veulent rien lâcher, c’est qu’ils ne souhaitent pas que notre grève serve d’exemple aux cheminots, en démontrant qu’il est possible de se battre et d’obtenir gain de cause, qu’il est possible de contrer les plans de la direction ! Malheureusement pour eux, nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout !

Notre mouvement va donc se poursuivre. De nouvelles journées de grève et de nouvelles actions sont d’ores et déjà programmées.

Afin de soulager sur le plan financier les camarades grévistes, il a été décidé de mettre en place une caisse de soutien. Nous appelons ainsi à la générosité des dons, aussi bien les collègues qui le peuvent, que l’ensemble des acteurs solidaires extérieurs.
Ne nous y trompons pas, en défendant nos conditions de travail, nous défendons aussi un service public de qualité et en toute sécurité pour l’ensemble des usagers. Face aujourd’hui à une direction obstinée, qui casse et privatise la SNCF, nous saurons leur opposer la même obstination pour défendre les intérêts de tous les cheminots et des usagers. Nous devons rester soudés et solidaires, c’est la seule façon de gagner !

En définitive, notre grève, bien que locale, ne doit pas exclure nos collègues Cheminots des autres activités (Fret, Traction...). Bien que nos revendications soient centrées sur des problématiques Infra-circulation, notre mouvement s’inscrit de manière globale dans une défense de l’intérêt des Cheminots. En ce sens, le soutien de toutes et tous restes plus que jamais d’actualité, pour qu’ensemble, nous puissions nous inscrire en faux contre cette politique de rentabilité de la Direction SNCF.




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