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Bataille du rail

SNCF : « péages gratuits », occupation, rencontre intergares sur Paris. La mobilisation se construit !

17,45% de grévistes ce lundi 23 avril, selon les chiffres de la SNCF. C'est un peu moins que jeudi dernier, au dessus de 20%, mais toujours extrêmement fort vu la durée du mouvement. Par endroit, comme dans la région PACA où le personnel roulant faisaient grève à plus de 90%, il se durcit et s'organise de plus en plus. En région parisienne, une Rencontre inter-gares très réussie, s'est tenue à Paris-Nord.

« Les taux de grèves en baisse à la SNCF », est à la une de tous les journaux de ce lundi 23 avril. Cependant, pour la 9ème journée de grève et 5ème session de deux jours, les taux restent tout à fait exceptionnels. Effectivement, ce sont près de 80% des agents de la SNCF qui se sont mis en grève au mois une fois depuis le début du mouvement, selon les calculs de la fédération Sud-Rail. C’est dire si les cheminots sont en colère...

Cette évidence, incarnée par la prolongation du conflit, n’est évidemment pas du goût du PDG de la SNCF, Guillaume Pepy ; ou encore du gouvernement, qui comptait sur un essoufflement rapide du mouvement. Elle n’a pas l’air non plus d’être complètement entendue par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Plutôt que de s’appuyer sur la combativité des grévistes et des cheminots pour faire reculer la réforme, ce dernier a déclaré ce lundi que « la grève peut s’arrêter si on trouve enfin des interlocuteurs qui ne font pas semblant de pratiquer le dialogue social ». Faire la grève pour négocier et arracher des miettes ? Pas sûr que les cheminots qui prennent de leur poche pour défendre leurs conditions de travail, empêcher la privatisation du Rail, et défendre le service public de transport, soient ravis de cette déclaration.

Sur la région parisienne, si les Assemblées Générales des différentes gares étaient moins fournies que d’habitude – la période de vacances scolaires explique en partie cette moindre mobilisation -, il reste un noyau conséquent de travailleurs qui cherchent à construire leur mobilisation.

Fête interprofessionnelle dans le 13ème à Paris dimanche prochain

A l’assemblée générale de la gare d’Austerlitz, il a été acté d’organiser ce dimanche, une fête interprofessionnelle dans le 13ème arrondissement, avec d’autres secteurs de salariés, comme par exemple les hospitaliers, mais aussi les cheminots de l’ensemble de la région de Paris Rive gauche.

Quatre étudiantes de Tolbiac étaient présentes, et ont pris la parole pour témoigner de l’évacuation violente qui s’est déroulée le vendredi 20 avril au matin. L’une d’entre elles, les doigts brisés par un coup de matraque lors de l’intervention policière, témoigne d’une scène où un jeune homme s’est fait tabassé dans l’amphithéâtre, puis piétiné lors de l’évacuation. Les zones d’ombre se maintiennent au sujet de cette évacuation, notamment sur le cas d’un blessé grave à la tête. Pour A. c’est très clair, le gouvernement fait tout pour « ne pas refaire un Malik Oussekine », mort durant la mobilisation étudiante contre la loi Devaquet.

Des actions coups de poings, de Saint-Lazare à la Vienne

Sur Paris, les cheminots ont décidé d’une action coup de poing pour médiatiser leur lutte et faire pression sur le gouvernement. Ce matin, ils étaient une centaine à entrer et à occuper le siège du Fret.

Dans la Vienne, une opération « péage gratuit » a été organisée par la CGT et FO cheminots sur un axe routier au sud de Poitiers. Une délégation de cheminot est également venue discuter à l’Assemblée Générale de la Faculté de Sciences Humaines qui a réuni 250 étudiants et personnels et reconduit l’occupation dès ce lundi soir.

Rencontre inter-gares organisée à Gare du Nord

Pour la rencontre inter-gares accueillie sur Paris Nord, 125 cheminots s’étaient donnés rendez-vous. Des couleurs Sud-Rail, CGT, FO et des non-syndiqués venus de plusieurs gares parisiennes dont Paris-Nord, le Bourget, Technicentre Le Landy pour la région Nord ; de Saint-Lazare, Achères, Mantes-la-Jolie pour l’Ouest ; Austerlitz, Châtillon, Juvisy, Gare de Lyon, Paris-Est pour la zone Est et Sud.

Après un tour de gare, un débat sur la situation, la grève, les perspectives et les revendications s’est organisé. Des actions coups de poing devraient se préparer dès demain, et un rendez-vous inter-gares reconduit pour le jeudi 3 mai, jour de grève en intersyndicale. Pour la manifestation du 1er mai, on parle déjà d’organiser un cortège inter-gares, où puissent manifester, tous ensemble, quelque soit l’étiquette syndicale ainsi que les non-syndiqués, l’ensemble de cheminots de la Région Parisienne regroupés derrière les banderoles de chaque gare.




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