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« Service minimum »

SNCF : pour limiter le droit de grève, la direction élargit le service minimum

C’est officiel la SNCF vient d’élargir la règle du service minimum à l’ensemble des cheminots en lien avec le service voyageur : Escale, guichet, technicentre, info voyageurs etc… C’est plus de 11 métiers qui viennent s’ajouter à la première liste mise en place EN 2007 par Nicolas Sarkozy, par la loi de 2007, via le « RH0924 », un nouveau rectificatif applicable dès le 1er octobre.

« Maintenant à la SNCF quand il y’a une grève ça se voit plus »

Voilà comment Nicolas Sarkozy en 2007 avait décrit la loi sur le « service minimum ». Une expression tout droit tirée de la novlangue managériale, pour parler au grand public tout en cachant la réalité de la situation. Car l’objectif de cette loi n’est pas d’assurer un « service minimum ». En effet, si l’ensemble des cheminots se mettaient en grève au même moment, il n’y aurait pas la possibilité d’instaurer un service « minimum » et la SNCF n’aurait d’autre choix que de fermer ses gares.

document contenant le « RH0924 » rectificatif élargissant le service minimum

Le vrai but du « service minimum », comme Nicolas Sarkozy l’avait indiqué dans son discours, est d’invisibiliser les mouvements sociaux à la SNCF, et d’en limiter l’impact grâce au délai de prévenance des cheminots. Jusqu’à maintenant, les seuls cheminots soumis à cette réglementation étaient les conducteurs de train voyageur, les aiguilleurs, ainsi que les contrôleurs. Le « service minimum » consiste en une obligation de déclarer, 48 heures à l’avance, auprès de la direction, l’intention du personnel de faire grève. Voilà de quoi laisser suffisamment de temps à la SNCF pour changer au plus vite les emplois du temps des cheminots non-grévistes ou de faire appel à des cadres pour assurer le service à la place des grévistes. Dans ces métiers là, terminé le bon vieux piquet de grève à 4h du matin, pour interpeller les derniers réfractaires et les embarquer dans la grève, trains à l’arrêt à l’appui. Terminée aussi, la situation de détresse de la direction, qui se tire les cheveux pour gérer tous ces trains à l’arrêt dans les dépôts.

Cette règle permet certes à l’entreprise de s’organiser sur 24h ou 48h pour invisibiliser la grève, mais elle est totalement inefficace dans le cadre d’une grève illimitée. Car, s’il est facile de trouver des remplaçant ponctuellement, cela s’avère plus compliqué lorsque la grève dure, que les directions entrent en panique et que les fameux gilets rouge - souvent des cadres - descendus pour faire de l’accueil supportent très mal d’être envoyés en première ligne pour gérer la colère des usagers.

L’empressement de la SNCF à sortir au plus vite un nouveau règlement élargissant le service minimum, n’est pas sans lien avec le mouvement social actuel, lancé le 12 septembre dernier dans un cadre interprofessionnel contre la loi travail, et dans lequel les cheminots sont engagés.

Une tentative pour casser la mobilisation contre la loi travail et un recul du droit de grève

Cet élargissement du « service minimum » risque de changer les coordonnées de la mobilisation contre la loi travail du côté cheminot et le rapport de force à la SNCF. Voilà un nouvel exemple qui montre à quel point le patronat, ici de la SNCF, est pieds et poings liés avec le gouvernement dans la casse du code du travail. Il va falloir donc que les cheminots se battent et réclament le retrait de cet élargissement du texte qui n’est rien d’autre qu’un retour 100ans en arrière, à l’époque où le droit de grève était interdit par la loi et que les syndicalistes étaient enfermés. Sous couvert de soi-disant progrès, les reculs sociaux sont légions.

Et nous le savons les cheminots sont une digue à faire tomber à tout prix, pour mieux réformer le reste du salariat. Donc quoi de mieux qu’un élargissement du service minimum pour casser encore plus le moral des cheminots à faire grève. Les cheminots ne doivent plus attendre longtemps, la SNCF prépare la casse du rail et l’ouverture à la concurrence et avec la suppression de milliers d’emploi, c’est aujourd’hui qu’il va falloir se battre pour ne pas subir demain, la perte des retraites et de leurs emplois.




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