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Débrayages coordonnées

Safran : les salariés inquiets

Les différents sites de la filiale Safran Engineering Services (SES) du groupe Safran ont organisé des débrayages coordonnés ce jeudi 15 juin pour mettre en garde la direction du groupe concernant l'hypothèse d'une cession de leur filiale. Les salariés craignent que leur emplois et leur conditions de travail soient menacées.

Plusieurs centaines de salariés se sont mobilisés jeudi 15 juin à l’appel de l’intersyndicale FO CFE CGC et CGT. Le site de Toulouse Blagnac, nouveau siège régional, a vu débrayer plus de 500 travailleurs, et plus d’une centaine sur les sites de Vitrolles, Bordes et Villaroches.

Spécialisée dans l’ingénierie des câblages, des structures, des systèmes et des moteurs d’avions, la filiale SES menace d’être revendue, ce que craignent les salariés. Celle-ci subit la baisse des charges et des commandes d’Airbus, leur principal acheteur, bien qu’elle reste largement bénéficiaire. Cela a entraîné une baisse d’effectifs en France, de 2.250 à 1.800 salariés en deux ans, et la suppression de 300 postes de sous-traitant. En parallèle, le groupe Safran prévoit de racheter Zodiac pour former le deuxième équipementier aéronautique au niveau mondial, projet qui vient d’être confirmé par l’Assemblée Générale des actionnaires du groupe Safran qui se tenait hier même.

« Nous sommes inquiets » livre Virginie, technicienne sur le site de Blagnac. Depuis qu’ils ont eu vent du projet de cession de la filiale Safran Engineering, la direction refuse de répondre à leurs questions. Apparemment, la direction hésiterait entre trois options : « soit ils nous vendent, soit ils nous gardent, soit ils nous adossent à une autre société pour faire du joint-venture » explique Frédéric, délégué CGT. « Nous, on ne veut pas être vendus car on craint de voir nos conditions de travail se détériorer. Pourquoi ce serait différent de ce qui se passe dans les autres ventes ? La direction nous dit que le PSE n’est pas une option, mais si elle nous vend, nous n’aurons aucune garantie, tout pourra se faire ». Pour le moment, la direction refuse de donner aucune précision.

Les 500 salariés qui sont sortis aujourd’hui pour manifester leur inquiétude et leur colère à l’idée de voir leur emploi menacé résument leur action : « Safran, c’est chez nous ! On ne bougera pas ». Après avoir manifesté en bloquant un tronçon de la rocade, encadré par les forces de répression qui s’étaient déplacées en force pour l’événement, le cortège s’est regroupé devant l’entrée du site. « La direction a peur que l’on fasse mauvaise image devant les clients » apprend on, d’autant que « des gens » d’Airbus serait à l’intérieur . Cela n’aura pas empêché les travailleurs de faire la démonstration de leur nombre et de leur détermination au pied du siège, en reprenant le slogan « safran pas content ! » à plusieurs reprises.

Au total, en plus des salariés du site, de nombreux soutiens extérieurs étaient présents pour témoigner de leur solidarité. Des travailleurs de chez Airbus, mais aussi de Microturbo, ainsi que du groupe Safran. Une démonstration de force réussie.

« La balle est maintenant dans le camp de la direction : soit ils nous donnent des réponses à nos questions, soit nous serons obligés de remettre ça et d’organiser de futures actions ».




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